Le Dieu de Spinoza : l'harmonie des lois, pas un Dieu qui s'occupe des hommes
Le Dieu de Spinoza d'Einstein ; le sentiment religieux cosmique
Si l'on veut parler de Dieu, c'est du Dieu de Spinoza, l'ordre des lois du monde devant lequel on s'émerveille, et non d'un Dieu personnel qui s'occupe des hommes.
Si tout suit des lois, une volonté divine ne peut pas être une cause en plus ; reste l'émerveillement devant l'ordre du monde.
« Le Dieu de Spinoza : l'harmonie des lois, pas un Dieu qui s'occupe des hommes » est un argument d'Albert Einstein (Einstein, télégramme du 24/4/1929 ; « Religion and Science » (1930) ; « Science and Religion » (1941), 1929) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : panthéisme). Sa thèse : Si l'on veut parler de Dieu, c'est du Dieu de Spinoza, l'ordre des lois du monde devant lequel on s'émerveille, et non d'un Dieu personnel qui s'occupe des hommes. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P2). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1929, un rabbin de New York télégraphie à Einstein : « Croyez-vous en Dieu ? Réponse payée 50 mots. » Einstein répond en une phrase, en allemand : il croit au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'harmonie des lois du monde, pas à un Dieu qui s'occupe du sort des hommes. Derrière cette réponse, il y a un raisonnement, qu'il développe en 1930 et en 1941. Plus on connaît la régularité des phénomènes, moins il reste de place pour une volonté divine qui agirait en plus des lois. Mais le sentiment d'admiration devant cet ordre est, pour Einstein, le cœur vivant de la religion. Précaution : Einstein refuse lui-même les étiquettes. En 1930, il dit ne pas savoir s'il peut se dire panthéiste, et il ajoute qu'il n'est pas athée. Nous le rangeons dans ce camp parce que c'est le plus proche de ce qu'il dit croire.
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Objections
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Einstein lui-même (il refuse l'étiquette) 1930 · attaque la conclusionInterrogé sur le panthéisme, Einstein répond que la question est la plus difficile du monde et qu'on ne peut y répondre par oui ou par non : il n'est pas athée, il ne sait pas s'il peut se dire panthéiste. Notre conclusion ne doit donc pas être lue comme un credo qu'il aurait signé, mais comme la direction de sa pensée.
sans réponse
Interrogé sur le panthéisme, Einstein répond que la question est la plus difficile du monde et qu'on ne peut y répondre par oui ou par non : il n'est pas athée, il ne sait pas s'il peut se dire panthéiste. Notre conclusion ne doit donc pas être lue comme un credo qu'il aurait signé, mais comme la direction de sa pensée.
C. S. Lewis (les lois et les miracles) 1947 · attaque la prémisse 1Les lois de la nature disent ce qui arrive quand rien d'autre n'intervient. Un miracle n'est pas une violation de ces lois : c'est un événement nouveau qui entre dans la nature, et qu'elles suivent ensuite comme les autres. Une volonté divine peut donc agir sans que les lois cessent d'être vraies.
Einstein répond
Les lois de la nature disent ce qui arrive quand rien d'autre n'intervient. Un miracle n'est pas une violation de ces lois : c'est un événement nouveau qui entre dans la nature, et qu'elles suivent ensuite comme les autres. Une volonté divine peut donc agir sans que les lois cessent d'être vraies.
Richard Dawkins 2006 · attaque la prémisse 5Dawkins appelle le panthéisme de ce type de l'athéisme « embelli » : appeler « Dieu » les lois de l'univers ne dit rien de plus que ce que dit un athée, et le mot induit le public en erreur, parce que tout le monde y entend une personne. Il range Einstein parmi ceux qui emploient « Dieu » en un sens métaphorique.
Einstein répond
Dawkins appelle le panthéisme de ce type de l'athéisme « embelli » : appeler « Dieu » les lois de l'univers ne dit rien de plus que ce que dit un athée, et le mot induit le public en erreur, parce que tout le monde y entend une personne. Il range Einstein parmi ceux qui emploient « Dieu » en un sens métaphorique.