Un seul logos gouverne tout : le divin est l'unité des contraires du monde
Le logos d'Héraclite ; « toutes choses sont un » ; « Dieu est jour nuit, hiver été »
Le divin n'est pas un être séparé qui aurait fait le monde : c'est l'ordre unique du monde lui-même, son logos, qui se montre dans tous ses contraires.
Une seule sagesse gouverne tout, nul n'a fait le monde, et le dieu est jour et nuit, hiver et été : le divin est le monde même.
« Un seul logos gouverne tout : le divin est l'unité des contraires du monde » est un argument de Héraclite d'Éphèse (Fragments B1, B30, B32, B41, B50, B67 (vers 500 av. J.-C.), 500 av. J.-C.) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : panthéisme). Sa thèse : Le divin n'est pas un être séparé qui aurait fait le monde : c'est l'ordre unique du monde lui-même, son logos, qui se montre dans tous ses contraires. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Les poètes grecs racontaient des dieux qui ont fait le monde. Héraclite d'Éphèse, vers 500 av. J.-C., dit autre chose. Le monde, écrit-il, aucun dieu ni aucun homme ne l'a fait : il a toujours été un feu vivant, qui s'allume et s'éteint avec mesure. Ce monde est gouverné par un logos, une raison ou une parole commune, et tout est un. Quant à « Dieu », ce n'est pas quelqu'un d'à part : « Dieu est jour et nuit, hiver et été, guerre et paix, rassasiement et faim. » Le divin serait donc l'unité des contraires du monde, la sagesse unique qui le traverse. Le mot « panthéisme » est bien plus tardif, et le sens du livre perdu est discuté : nous ne le connaissons que par des fragments cités par d'autres auteurs, en traduction (Burnet 1920, Weil 1953).
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, on peut accepter P1 à P4 et imaginer une sagesse qui gouverne le monde de l'extérieur : elle serait présente partout par son action, sans être le monde, et le monde n'aurait pas eu de créateur parce qu'il serait éternel. C'est ce que laissent entendre ceux qui lisent B108 comme une sagesse « séparée ».
Objections
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Aristote 350 av. J.-C. · attaque la prémisse 3Dans la Métaphysique, Aristote pose que le principe le plus sûr est qu'une même propriété ne peut pas appartenir et ne pas appartenir en même temps au même sujet sous le même rapport. Il ajoute qu'il est impossible de croire qu'une chose est et n'est pas, comme certains pensent qu'Héraclite le dit. Si le dieu était jour et nuit, guerre et paix, la même chose, il aurait des propriétés contraires en même temps. Aristote doute lui-même que Héraclite le pensait vraiment : on peut dire une chose sans la croire.
d'Éphèse répond
Dans la Métaphysique, Aristote pose que le principe le plus sûr est qu'une même propriété ne peut pas appartenir et ne pas appartenir en même temps au même sujet sous le même rapport. Il ajoute qu'il est impossible de croire qu'une chose est et n'est pas, comme certains pensent qu'Héraclite le dit. Si le dieu était jour et nuit, guerre et paix, la même chose, il aurait des propriétés contraires en même temps. Aristote doute lui-même que Héraclite le pensait vraiment : on peut dire une chose sans la croire.
Thomas d'Aquin 1268 · attaque la conclusionDans la Somme théologique, Thomas rejette l'idée que Dieu soit l'âme du monde ou un principe qui entre dans la composition des choses. Dieu est la première cause efficiente. Or une cause efficiente n'est pas la matière de ce qu'elle produit, et ce qui fait partie d'un composé n'agit pas en premier : ce n'est pas la main qui agit, c'est l'homme par sa main. Dieu ne peut donc pas être une partie du monde.
sans réponse
Dans la Somme théologique, Thomas rejette l'idée que Dieu soit l'âme du monde ou un principe qui entre dans la composition des choses. Dieu est la première cause efficiente. Or une cause efficiente n'est pas la matière de ce qu'elle produit, et ce qui fait partie d'un composé n'agit pas en premier : ce n'est pas la main qui agit, c'est l'homme par sa main. Dieu ne peut donc pas être une partie du monde.
HHéraclite lui-même (fragment B108) 500 av. J.-C. · attaque la prémisse 5Un autre fragment va dans le sens contraire de la lecture panthéiste : « de tous ceux dont j'ai entendu les discours, nul n'est parvenu à ceci, à savoir connaître qu'être sage est être séparé de toutes choses ». Si la sagesse est « à part de toutes choses », on peut en tirer que le divin la dépasse, et que P5 est trop vite conclue.
sans réponse
Un autre fragment va dans le sens contraire de la lecture panthéiste : « de tous ceux dont j'ai entendu les discours, nul n'est parvenu à ceci, à savoir connaître qu'être sage est être séparé de toutes choses ». Si la sagesse est « à part de toutes choses », on peut en tirer que le divin la dépasse, et que P5 est trop vite conclue.