Tout est un : la divinité dans le monde
L'univers est un, infini, immobile, et la divinité est à chercher dans le monde infini et dans les choses, non hors d'eux.
La matière tire ses formes de son propre sein, et une même âme du monde est tout entière en chaque chose : le divin est dans le monde.
« Tout est un : la divinité dans le monde » est un argument de Giordano Bruno (De la cause, du principe et de l'un, dial. II-V (1584)) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : panthéisme). Sa thèse : L'univers est un, infini, immobile, et la divinité est à chercher dans le monde infini et dans les choses, non hors d'eux. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pour Aristote et ses héritiers, la matière est une pâte passive qui reçoit des formes venues d'ailleurs, et Dieu est hors du monde. Bruno renverse les deux idées. La matière porte en elle toutes les formes et les fait sortir de son propre sein ; une même âme du monde est tout entière partout ; matière et forme ne font finalement qu'une substance, et toutes les différences entre les choses ne sont que des visages changeants de cette substance unique. La divinité n'est donc pas à chercher hors du monde, mais dedans. Attention : Bruno déclare laisser de côté le « principe suprême », qu'il réserve à la foi, et devant ses juges il dira que Dieu est « en tout et au-dessus de tout ». Que ce soit un vrai panthéisme ou un « panenthéisme » est débattu ; nous le rangeons ici parce que l'argument conclut à une divinité intérieure au monde.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où tout est une seule substance, mais où cette substance n'est pas divine : une nature unique, sans Dieu. La conclusion sur la divinité ne suit plus.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Thomas d'Aquin 1266 · attaque la prémisse 5Trois erreurs sur Dieu : en faire l'âme du monde, en faire le principe formel de toutes choses, ou, comme David de Dinant, « très sottement », la matière première. Il est impossible que Dieu entre de quelque manière dans la composition d'une chose, ni comme forme ni comme matière : il est la cause première, et une cause ne se confond pas avec ce qu'elle produit.
Bruno répond
Trois erreurs sur Dieu : en faire l'âme du monde, en faire le principe formel de toutes choses, ou, comme David de Dinant, « très sottement », la matière première. Il est impossible que Dieu entre de quelque manière dans la composition d'une chose, ni comme forme ni comme matière : il est la cause première, et une cause ne se confond pas avec ce qu'elle produit.
OObjection courante attaque la conclusionSi tout est une seule substance divine, alors le mal, la souffrance et le crime sont eux aussi divins. Comment adorer ou aimer un Dieu qui est aussi le bourreau ?
Bruno répond
Si tout est une seule substance divine, alors le mal, la souffrance et le crime sont eux aussi divins. Comment adorer ou aimer un Dieu qui est aussi le bourreau ?
Spinoza 1677 · attaque la conclusionDu point de vue de Spinoza, Bruno s'arrête à mi-chemin. Pour lui, « tout ce qui est, est en Dieu, et rien ne peut sans Dieu être ni être conçu ». Il n'y a qu'une substance, Dieu ou la Nature : pas de « principe suprême » au-dessus d'elle, réservé à la foi, ni d'âme du monde à part. Garder un Dieu caché au-delà de la nature, c'est garder la transcendance qu'on prétend dépasser.
sans réponse
Du point de vue de Spinoza, Bruno s'arrête à mi-chemin. Pour lui, « tout ce qui est, est en Dieu, et rien ne peut sans Dieu être ni être conçu ». Il n'y a qu'une substance, Dieu ou la Nature : pas de « principe suprême » au-dessus d'elle, réservé à la foi, ni d'âme du monde à part. Garder un Dieu caché au-delà de la nature, c'est garder la transcendance qu'on prétend dépasser.