Une règle est valable si tous ceux qu'elle touche peuvent l'accepter dans une discussion libre
L'éthique de la discussion ; le principe d'universalisation (U) ; l'éthique discursive
Le bien moral consiste à agir selon des règles que tous les concernés pourraient accepter dans une discussion libre, et non selon ce que chacun décide seul.
Une règle ne vaut que si tous ceux qu'elle touche peuvent l'accepter, et seule une discussion avec eux permet de le savoir.
« Une règle est valable si tous ceux qu'elle touche peuvent l'accepter dans une discussion libre » est un argument de Jürgen Habermas (Morale et communication, 1983, 1983) sur la question « Qu'est-ce qui est bien ? » (réponse : le devoir). Sa thèse : Le bien moral consiste à agir selon des règles que tous les concernés pourraient accepter dans une discussion libre, et non selon ce que chacun décide seul. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Kant disait : agis seulement d'après une maxime que tu peux vouloir comme loi universelle. Habermas pense que ce test se fait trop seul : chacun décide dans sa tête ce que « tous » accepteraient. Il propose de le faire ensemble. Une règle morale est valable si tous ceux qu'elle touche pourraient l'accepter dans une discussion où chacun peut parler, être écouté et ne subit aucune pression sauf celle du meilleur argument. C'est une morale du devoir, mais où le devoir se découvre en parlant avec les autres.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où une norme est acceptable par tous dans une discussion libre, et où pourtant il existe un devoir qu'aucune discussion ne justifie, par exemple parce qu'il vient de la nature des choses ou de Dieu.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Carol Gilligan 1982 · attaque la prémisse 2Gilligan critique les théories de la justice de Kohlberg, sur lesquelles Habermas s'appuie. Pour elle, une morale qui ne retient que l'universalité et les droits de chacun passe à côté d'une autre voix morale, celle du soin et de la responsabilité envers des personnes précises dans des relations concrètes. Un test d'universalisation, même fait à plusieurs, traite les gens comme des cas semblables.
Habermas répond
Gilligan critique les théories de la justice de Kohlberg, sur lesquelles Habermas s'appuie. Pour elle, une morale qui ne retient que l'universalité et les droits de chacun passe à côté d'une autre voix morale, celle du soin et de la responsabilité envers des personnes précises dans des relations concrètes. Un test d'universalisation, même fait à plusieurs, traite les gens comme des cas semblables.
Charles Taylor 1989 · attaque la prémisse 4Habermas donne la priorité au juste (ce que tous peuvent accepter) sur le bien (ce qui donne un sens à la vie). Mais nos obligations morales tirent leur force de ce que nous tenons pour précieux : on ne peut pas décider de ce qui est dû à chacun sans une idée de ce qui compte.
un défenseur répond
Habermas donne la priorité au juste (ce que tous peuvent accepter) sur le bien (ce qui donne un sens à la vie). Mais nos obligations morales tirent leur force de ce que nous tenons pour précieux : on ne peut pas décider de ce qui est dû à chacun sans une idée de ce qui compte.
AAmy Allen 2016 · attaque la prémisse 1La justification des principes (D) et (U) repose sur une théorie de la modernisation qui voit dans la société occidentale moderne le stade le plus avancé de l'apprentissage moral. Cela suppose que d'autres sociétés sont « en retard » : c'est une position eurocentrique, qui enferme la discussion dans le point de vue d'une seule histoire.
sans réponse
La justification des principes (D) et (U) repose sur une théorie de la modernisation qui voit dans la société occidentale moderne le stade le plus avancé de l'apprentissage moral. Cela suppose que d'autres sociétés sont « en retard » : c'est une position eurocentrique, qui enferme la discussion dans le point de vue d'une seule histoire.