Le temps est irréel : la série du passé, du présent et du futur se contredit
La série A et la série B ; l'irréalité du temps
La série A ne peut pas être vraie de la réalité. Comme le temps suppose la série A, le temps n'est pas réel : quand nous jugeons qu'une chose existe dans le temps, nous nous trompons.
Un événement serait à la fois passé, présent et futur, ce qui est contradictoire, et l'expliquer par le temps tourne en rond.
« Le temps est irréel : la série du passé, du présent et du futur se contredit » est un argument de J. M. E. McTaggart (« The Unreality of Time », Mind, 1908, 1908) sur la question « Le temps existe-t-il vraiment ? » (réponse : le passage est une illusion). Sa thèse : La série A ne peut pas être vraie de la réalité. Comme le temps suppose la série A, le temps n'est pas réel : quand nous jugeons qu'une chose existe dans le temps, nous nous trompons. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 5 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Tout le monde sent que le temps passe : ce qui est futur devient présent puis passé. McTaggart soutient que cette idée, prise au sérieux, est contradictoire. Un événement ne peut pas être à la fois passé, présent et futur, et pourtant il est tour à tour les trois. Si l'on répond qu'il l'est « à des moments différents », on a déjà besoin du temps pour expliquer le temps. Donc le temps n'est pas réel. Écrit en 1908, cet argument est resté l'un des plus discutés de la philosophie : les uns acceptent la série A et rejettent l'argument, les autres acceptent l'argument et gardent seulement l'ordre « avant/après ».
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où la série A est contradictoire sans issue et pourtant vraie de la réalité : par exemple si le réel peut tolérer certaines contradictions apparentes. Ses adversaires contestent donc rarement P5 : presque personne n'accepte une réalité contradictoire.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Bertrand Russell 1903 · attaque la prémisse 2La série B suffit au changement. Changer, c'est seulement qu'une chose ait telle propriété à un moment et ne l'ait pas à un autre : le changement est la différence de vérité entre deux propositions sur la même chose, l'une portant sur un moment T, l'autre sur un autre moment T'. Il n'y a pas besoin de « passé, présent, futur ».
sans réponse
La série B suffit au changement. Changer, c'est seulement qu'une chose ait telle propriété à un moment et ne l'ait pas à un autre : le changement est la différence de vérité entre deux propositions sur la même chose, l'une portant sur un moment T, l'autre sur un autre moment T'. Il n'y a pas besoin de « passé, présent, futur ».
Arthur Prior 1959 · attaque la prémisse 3Les faits « temporels » ne se ramènent pas à des relations « avant/après ». Quand on dit « Dieu merci, c'est fini », on est soulagé que la douleur soit finie maintenant, pas qu'elle précède cet énoncé. Passé, présent et futur sont donc réels et premiers. Avec des opérateurs de temps (« il a été le cas que », « il sera le cas que »), on peut dire qu'un événement est présent, a été futur et sera passé, sans parler de moments où il serait présent ou passé : pas de cercle.
McTaggart répond
Les faits « temporels » ne se ramènent pas à des relations « avant/après ». Quand on dit « Dieu merci, c'est fini », on est soulagé que la douleur soit finie maintenant, pas qu'elle précède cet énoncé. Passé, présent et futur sont donc réels et premiers. Avec des opérateurs de temps (« il a été le cas que », « il sera le cas que »), on peut dire qu'un événement est présent, a été futur et sera passé, sans parler de moments où il serait présent ou passé : pas de cercle.
C. D. Broad 1938 · attaque la prémisse 3Broad rejette le diagnostic de McTaggart. La contradiction vient de la façon dont McTaggart décrit la série A, comme des « caractères » que chaque événement porterait tous à la fois. Pour Broad, le devenir est un fait ultime : ce qui arrive vient à l'existence, c'est le passage même du temps. Broad en tire une image où le passé s'agrandit sans cesse et où le futur n'existe pas encore.
sans réponse
Broad rejette le diagnostic de McTaggart. La contradiction vient de la façon dont McTaggart décrit la série A, comme des « caractères » que chaque événement porterait tous à la fois. Pour Broad, le devenir est un fait ultime : ce qui arrive vient à l'existence, c'est le passage même du temps. Broad en tire une image où le passé s'agrandit sans cesse et où le futur n'existe pas encore.