Le temps est la forme de notre sens interne : réel pour l'expérience, rien en soi
L'idéalité transcendantale du temps ; le temps, forme a priori du sens interne
Le temps est la forme de notre sens interne, la condition a priori de toute intuition. Il a une réalité empirique (il vaut pour tout ce que nous pouvons expérimenter) et une idéalité transcendantale (indépendamment de notre manière d'intuitionner, il n'est rien).
Le temps n'est pas tiré de l'expérience, il la rend possible ; ce ne peut donc être qu'une forme de notre esprit, pas une chose en soi.
« Le temps est la forme de notre sens interne : réel pour l'expérience, rien en soi » est un argument de Kant (Critique de la raison pure, Esthétique transcendantale, § 4-7 (1781, 2e éd. 1787), 1787) sur la question « Le temps existe-t-il vraiment ? » (réponse : le temps est dans l'esprit). Sa thèse : Le temps est la forme de notre sens interne, la condition a priori de toute intuition. Il a une réalité empirique (il vaut pour tout ce que nous pouvons expérimenter) et une idéalité transcendantale (indépendamment de notre manière d'intuitionner, il n'est rien). Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 4 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pour Newton, le temps est un grand fleuve qui coule de lui-même, que les choses soient là ou non. Pour Leibniz, ce n'est qu'un ordre entre les choses. Kant tranche autrement : nous ne pouvons rien percevoir sans le mettre dans le temps, et nous savons avec certitude des choses sur le temps (il n'a qu'une dimension, ses moments se suivent) que l'expérience ne pourrait pas nous apprendre. Donc le temps vient de nous : c'est la forme de notre sens interne, comme l'espace est celle de nos sens externes. Il est réel pour tout ce que nous pouvons expérimenter, mais ce n'est pas une propriété des choses en elles-mêmes.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où le temps est connu à priori et n'est pourtant pas seulement dans le sujet : il serait à la fois dans les choses et dans notre intuition, ou nous le connaîtrions parce que notre esprit est fait pour les choses telles qu'elles sont.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
JJohann Heinrich Lambert et Moses Mendelssohn 1770 · attaque la conclusionLes changements sont réels : la succession de nos propres représentations le prouve, même si l'on nie tous les phénomènes extérieurs. Or les changements ne sont possibles que dans le temps. Donc le temps est quelque chose de réel, et pas seulement une forme de notre esprit.
Kant répond
Les changements sont réels : la succession de nos propres représentations le prouve, même si l'on nie tous les phénomènes extérieurs. Or les changements ne sont possibles que dans le temps. Donc le temps est quelque chose de réel, et pas seulement une forme de notre esprit.
Isaac Newton 1687 · attaque la prémisse 4Le temps absolu, vrai et mathématique, de lui-même et par sa propre nature, coule uniformément, sans relation à rien d'extérieur. Les horloges et les mouvements n'en donnent que des mesures approchées.
un défenseur répond
Le temps absolu, vrai et mathématique, de lui-même et par sa propre nature, coule uniformément, sans relation à rien d'extérieur. Les horloges et les mouvements n'en donnent que des mesures approchées.
AAdolf Trendelenburg 1840 · attaque la prémisse 5Kant n'a pas montré que le temps ne peut pas être à la fois une forme de notre intuition et une propriété des choses. Que le temps vienne de nous n'empêche pas qu'il corresponde aussi à ce qui est. La disjonction de Kant a donc un trou, que l'on appelle depuis « la lacune de Trendelenburg ».
un défenseur répond
Kant n'a pas montré que le temps ne peut pas être à la fois une forme de notre intuition et une propriété des choses. Que le temps vienne de nous n'empêche pas qu'il corresponde aussi à ce qui est. La disjonction de Kant a donc un trou, que l'on appelle depuis « la lacune de Trendelenburg ».
Albert Einstein 1905 · attaque la prémisse 3Pour Kant, tous les temps sont les parties d'un seul et même temps, valable pour tous. Or Einstein montre en 1905 que deux événements simultanés pour un observateur ne le sont pas pour un autre qui se déplace : il n'y a pas un temps unique pour tous, et ce que Kant tenait pour certain à l'avance dépend de l'expérience (de la vitesse de la lumière).
un défenseur répond
Pour Kant, tous les temps sont les parties d'un seul et même temps, valable pour tous. Or Einstein montre en 1905 que deux événements simultanés pour un observateur ne le sont pas pour un autre qui se déplace : il n'y a pas un temps unique pour tous, et ce que Kant tenait pour certain à l'avance dépend de l'expérience (de la vitesse de la lumière).