Le tyran n'est plus un roi : le tuer, ce n'est pas tuer un souverain
« Le tyran Zhou, un simple individu » ; le droit de renverser le tyran en Chine
En punissant Zhou, on n'a pas tué un souverain : renverser un tyran n'est pas un crime contre son prince.
Un souverain qui détruit la bienveillance et la justice n'est plus qu'un simple individu : on punit alors un homme, on ne tue pas un roi.
« Le tyran n'est plus un roi : le tuer, ce n'est pas tuer un souverain » est un argument de Mencius (Mencius 1B.8, 7B.14 et 4A.9 (IVe siècle av. J.-C.), 320 av. J.-C.) sur la question « Faut-il toujours obéir à la loi ? » (réponse : le droit de se révolter). Sa thèse : En punissant Zhou, on n'a pas tué un souverain : renverser un tyran n'est pas un crime contre son prince. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Vers 320 av. J.-C., le roi Xuan de Qi interroge Mencius sur deux faits anciens : Tang a chassé Jie, le dernier roi des Xia, et Wu, fondateur de la dynastie Zhou, a attaqué et renversé Zhou, le dernier roi des Shang, un tyran (selon la tradition, Zhou se donna la mort quand sa capitale tomba). Tang et Wu étaient leurs vassaux. Un ministre peut-il donc mettre à mort son souverain ? Mencius répond que, selon lui, ce n'est pas ce qui s'est passé. Un souverain n'est pas souverain parce qu'il est sur le trône, mais parce qu'il protège son peuple. S'il détruit la bienveillance et la justice, il devient « un simple individu ». Le texte ne présente pas l'argument en prémisses : la forme P1 à P4 est notre reconstruction de 1B.8, avec 7B.14 et 4A.9.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où le tyran est devenu un simple individu (P1, P2, P3) mais reste un souverain devant la loi : le tuer est alors un régicide, et la conclusion tombe.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Hobbes 1651 · attaque la prémisse 1Hobbes écrit que « tyrannie » n'est pas le nom d'une autre forme de gouvernement, mais celui de la même forme qu'on n'aime pas : ceux qui sont mécontents de la monarchie l'appellent tyrannie. Si chacun est juge de ce qui est tyrannique, tout sujet mécontent pourra déclarer son roi « simple individu » et le tuer.
un défenseur répond
Hobbes écrit que « tyrannie » n'est pas le nom d'une autre forme de gouvernement, mais celui de la même forme qu'on n'aime pas : ceux qui sont mécontents de la monarchie l'appellent tyrannie. Si chacun est juge de ce qui est tyrannique, tout sujet mécontent pourra déclarer son roi « simple individu » et le tuer.
HHan Fei 240 av. J.-C. · attaque la conclusionHan Fei écrit que Tang et Wu, qui étaient des ministres, ont tué leur maître et outragé son cadavre, et que le monde les a loués : c'est pour lui la raison pour laquelle le monde n'est toujours pas bien gouverné. Son idée est que l'ordre repose sur la règle « le ministre sert le prince », sans exception pour un prince jugé indigne.
sans réponse
Han Fei écrit que Tang et Wu, qui étaient des ministres, ont tué leur maître et outragé son cadavre, et que le monde les a loués : c'est pour lui la raison pour laquelle le monde n'est toujours pas bien gouverné. Son idée est que l'ordre repose sur la règle « le ministre sert le prince », sans exception pour un prince jugé indigne.
Kant 1797 · attaque la conclusionKant écrit qu'il n'y a aucune résistance légitime du peuple contre le chef législateur de l'État, car seule la soumission à sa volonté législative rend possible un état de droit. Un droit de renverser le tyran serait un droit que la loi elle-même ne peut pas contenir sans se détruire.
sans réponse
Kant écrit qu'il n'y a aucune résistance légitime du peuple contre le chef législateur de l'État, car seule la soumission à sa volonté législative rend possible un état de droit. Un droit de renverser le tyran serait un droit que la loi elle-même ne peut pas contenir sans se détruire.
Mencius (précision) 320 av. J.-C. · attaque la conclusionMencius lui-même limite qui peut agir. Interrogé sur les grands ministres, il dit que ceux de la famille du prince, si le prince a de grandes fautes, doivent le reprendre, puis, s'il n'écoute pas après plusieurs fois, le déposer ; les ministres d'une autre famille doivent le reprendre, puis, s'il n'écoute pas, quitter l'État.
sans réponse
Mencius lui-même limite qui peut agir. Interrogé sur les grands ministres, il dit que ceux de la famille du prince, si le prince a de grandes fautes, doivent le reprendre, puis, s'il n'écoute pas après plusieurs fois, le déposer ; les ministres d'une autre famille doivent le reprendre, puis, s'il n'écoute pas, quitter l'État.