Le monde déborde de l'Un, parce que l'Un est trop parfait pour rester seul
L'émanation, le débordement de l'Un
Le multiple (l'Intelligence, l'Âme, le monde) vient de l'Un par débordement, sans que l'Un change : il y a quelque chose plutôt que rien parce que la source de tout est trop parfaite pour ne rien produire.
L'Un est parfait et ne manque de rien : il déborde donc et produit tout le reste, comme le soleil rayonne sans rien perdre.
« Le monde déborde de l'Un, parce que l'Un est trop parfait pour rester seul » est un argument de Plotin (Ennéades V, 1, 6 ; V, 2, 1 ; V, 4, 1 (vers 253-270), 260) sur la question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » (réponse : il y a une raison). Sa thèse : Le multiple (l'Intelligence, l'Âme, le monde) vient de l'Un par débordement, sans que l'Un change : il y a quelque chose plutôt que rien parce que la source de tout est trop parfaite pour ne rien produire. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Plotin répond sans parler de création ni de choix. Au sommet de tout, il y a l'Un : un principe parfait, qui ne cherche rien et ne manque de rien. Or ce qui est parfait ne reste pas fermé sur soi : le feu chauffe, la neige refroidit, un parfum se répand. L'Un déborde donc, comme la lumière vient du soleil sans que le soleil change. De ce débordement naissent l'Intelligence, puis l'Âme, puis tout le reste. Pour Plotin, le « rien » n'a donc jamais été une vraie possibilité : l'existence du monde découle de la perfection de sa source.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où l'Un parfait « engendre » sans que cela explique le multiple du monde : l'engendrement existe, mais le multiple tient à autre chose (la matière, le hasard).
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Plotin lui-même (la question des anciens sages) 260 · attaque la prémisse 2Si l'Un est ce que nous disons, parfait et sans aucune multiplicité, comment peut-il y avoir quoi que ce soit après lui, une multitude, un nombre ? Pourquoi n'est-il pas resté en lui-même, au lieu de laisser découler de lui la multiplicité que l'on voit dans les êtres ? Plotin reconnaît que le problème est ancien et difficile.
Plotin répond
Si l'Un est ce que nous disons, parfait et sans aucune multiplicité, comment peut-il y avoir quoi que ce soit après lui, une multitude, un nombre ? Pourquoi n'est-il pas resté en lui-même, au lieu de laisser découler de lui la multiplicité que l'on voit dans les êtres ? Plotin reconnaît que le problème est ancien et difficile.
Leibniz (Théodicée, sur l'émanation nécessaire) 1710 · attaque la prémisse 4Leibniz ne vise pas Plotin ici, mais son raisonnement l'atteint : si la création était une émanation nécessaire, comme les propriétés d'un cercle qui coulent de son essence, il faudrait dire que Dieu a produit la créature par nécessité. Pour lui, l'action de Dieu est libre ; produire sans décider, comme le veut Plotin, retire à la source sa liberté.
Plotin répond
Leibniz ne vise pas Plotin ici, mais son raisonnement l'atteint : si la création était une émanation nécessaire, comme les propriétés d'un cercle qui coulent de son essence, il faudrait dire que Dieu a produit la créature par nécessité. Pour lui, l'action de Dieu est libre ; produire sans décider, comme le veut Plotin, retire à la source sa liberté.
Hume (Cléanthe, dans les Dialogues) 1779 · attaque la prémisse 1Pourquoi le monde matériel lui-même ne serait-il pas l'être qui existe nécessairement ? Nous ne connaissons pas toutes les qualités de la matière : rien ne prouve que sa non-existence ne soit pas aussi contradictoire que de dire que deux fois deux font cinq. Le premier principe pourrait donc être le monde plutôt que l'Un.
Plotin répond
Pourquoi le monde matériel lui-même ne serait-il pas l'être qui existe nécessairement ? Nous ne connaissons pas toutes les qualités de la matière : rien ne prouve que sa non-existence ne soit pas aussi contradictoire que de dire que deux fois deux font cinq. Le premier principe pourrait donc être le monde plutôt que l'Un.
Bertrand Russell 1948 · attaque la conclusionRussell refuse d'admettre que l'univers dans son ensemble doive avoir une raison. Pour lui, l'univers est simplement là, et c'est tout : la demande d'une explication de l'ensemble n'a pas à être satisfaite.
sans réponse
Russell refuse d'admettre que l'univers dans son ensemble doive avoir une raison. Pour lui, l'univers est simplement là, et c'est tout : la demande d'une explication de l'ensemble n'a pas à être satisfaite.