On ne peut pas prédire le cours de l'histoire : la misère de l'historicisme
La critique de l'historicisme
Pour des raisons strictement logiques, on ne peut pas prédire le cours futur de l'histoire : l'histoire n'a pas de loi ni de but que la science puisse connaître.
L'histoire dépend du savoir à venir, qu'on ne peut pas prévoir : aucune loi scientifique ne peut donc annoncer son cours.
« On ne peut pas prédire le cours de l'histoire : la misère de l'historicisme » est un argument de Karl Popper (La misère de l'historicisme (1957), Préface et section 27, 1934) sur la question « L'Histoire a-t-elle un sens ? » (réponse : pas de sens). Sa thèse : Pour des raisons strictement logiques, on ne peut pas prédire le cours futur de l'histoire : l'histoire n'a pas de loi ni de but que la science puisse connaître. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Karl Popper appelle « historicisme » l'idée qu'il existe des lois ou des tendances de l'histoire, que l'on peut découvrir et utiliser pour prédire l'avenir. Il vise Platon, Hegel, Marx, Spengler et d'autres. Sa thèse, écrite en 1935-1936 et publiée en 1944-1945 puis en livre en 1957, n'est pas que l'histoire n'a aucun ordre, mais que son cours ne peut pas être prédit par des méthodes scientifiques. Il en donne une « réfutation » en cinq étapes, dans la Préface de 1957. Attention : ce texte est sous droits ; les citations sont courtes et vérifiées sur une copie numérisée du livre.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où le savoir est imprévisible, mais où l'économie, la démographie ou la géographie suivent des lois de développement stables qui orientent l'histoire malgré lui.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
WWalter Kaufmann 1951 · attaque la conclusionPopper range Hegel parmi les pères des totalitarismes et de l'historicisme (La société ouverte et ses ennemis, 1945). Kaufmann soutient que ce portrait repose sur des citations coupées de leur contexte et sur des sources de seconde main : Hegel place la liberté au centre de l'histoire. Une partie de la cible visée par la critique de l'historicisme n'existerait donc pas telle que Popper la décrit.
sans réponse
Popper range Hegel parmi les pères des totalitarismes et de l'historicisme (La société ouverte et ses ennemis, 1945). Kaufmann soutient que ce portrait repose sur des citations coupées de leur contexte et sur des sources de seconde main : Hegel place la liberté au centre de l'histoire. Une partie de la cible visée par la critique de l'historicisme n'existerait donc pas telle que Popper la décrit.
EE. H. Carr 1961 · attaque la conclusionL'historien ne se contente pas de raconter des accidents : il cherche des causes et généralise. Réduire l'histoire à la chance, au nez de Cléopâtre, c'est refuser l'effort d'explication. Carr vise nommément Popper et Isaiah Berlin, qu'il accuse de rejeter toute idée de nécessité en histoire, et soutient que les historiens dégagent de vraies causes générales.
un défenseur répond
L'historien ne se contente pas de raconter des accidents : il cherche des causes et généralise. Réduire l'histoire à la chance, au nez de Cléopâtre, c'est refuser l'effort d'explication. Carr vise nommément Popper et Isaiah Berlin, qu'il accuse de rejeter toute idée de nécessité en histoire, et soutient que les historiens dégagent de vraies causes générales.
Objection anticipée par Condorcet 1795 · attaque la prémisse 2Si l'homme peut prédire presque avec certitude les phénomènes dont il connaît les lois, et prévoir avec probabilité les événements de l'avenir d'après l'expérience du passé, pourquoi serait-il chimérique de tracer avec quelque vraisemblance les destinées futures de l'espèce humaine d'après son histoire ?
Popper répond
Si l'homme peut prédire presque avec certitude les phénomènes dont il connaît les lois, et prévoir avec probabilité les événements de l'avenir d'après l'expérience du passé, pourquoi serait-il chimérique de tracer avec quelque vraisemblance les destinées futures de l'espèce humaine d'après son histoire ?