La forme vivante : le beau n'est ni dans l'objet seul ni dans mon plaisir privé, il parle à ce que nous avons en commun
La forme vivante ; l'impulsion de jeu ; l'homme ne joue que là où il est pleinement homme
Dire d'une chose qu'elle est belle, ce n'est ni décrire une propriété qu'elle aurait seule, ni exprimer un goût privé : c'est parler au nom de ce que nous avons en commun. La communication esthétique unit la société parce qu'elle s'adresse à ce qui est commun à tous ses membres.
Le plaisir des sens reste privé, mais le beau engage nos deux natures à la fois et s'adresse donc à ce que nous avons en commun.
« La forme vivante : le beau n'est ni dans l'objet seul ni dans mon plaisir privé, il parle à ce que nous avons en commun » est un argument de Friedrich Schiller (Schiller, Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme, 1795 (lettres XV et XXVII) ; Kallias, 1793, 1793) sur la question « La beauté est-elle dans l'œil de celui qui regarde ? » (réponse : subjectif mais universel). Sa thèse : Dire d'une chose qu'elle est belle, ce n'est ni décrire une propriété qu'elle aurait seule, ni exprimer un goût privé : c'est parler au nom de ce que nous avons en commun. La communication esthétique unit la société parce qu'elle s'adresse à ce qui est commun à tous ses membres. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Comment le beau peut-il être à la fois une affaire de sentiment et une affaire commune ? Schiller répond en deux temps. D'abord, le beau ne se trouve ni dans une pure vie (le plaisir des sens) ni dans une pure forme (l'idée de l'intellect) : c'est une « forme vivante », qui existe quand la forme de l'objet vit dans notre sentiment et que sa vie parle à notre intelligence. Il n'est donc pas une propriété que l'objet aurait seul. Ensuite, le plaisir des sens reste privé, on ne peut pas le généraliser, alors que le beau, lui, mobilise nos deux natures à la fois. Quand nous le goûtons, nous le goûtons à la fois comme individus et comme représentants de l'espèce. C'est pourquoi celui qui dit « c'est beau » ne décrit pas une propriété des choses, mais ne se contente pas non plus d'exprimer une préférence : il s'adresse à ce qui est commun à tous.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où le beau n'est pas dans l'objet seul, n'est pas un plaisir privé et engage nos deux natures, et où pourtant chacun ne parle que pour lui : ce qu'on a « en commun » pourrait varier d'un groupe à l'autre.
Objections
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Georg Wilhelm Friedrich Hegel 1835 · attaque la conclusionHegel salue chez Schiller le geste qui dépasse la subjectivité de Kant : l'unité du sensible et du rationnel y est posée comme le vrai. Mais Schiller, dit-il, cherche surtout à faire entrer cette unité dans la vie par l'art et l'éducation esthétique ; c'est après lui qu'elle devient le principe même de la connaissance. Pour Hegel, le beau est la manifestation sensible de l'Idée elle-même, non un rapport entre nos facultés.
sans réponse
Hegel salue chez Schiller le geste qui dépasse la subjectivité de Kant : l'unité du sensible et du rationnel y est posée comme le vrai. Mais Schiller, dit-il, cherche surtout à faire entrer cette unité dans la vie par l'art et l'éducation esthétique ; c'est après lui qu'elle devient le principe même de la connaissance. Pour Hegel, le beau est la manifestation sensible de l'Idée elle-même, non un rapport entre nos facultés.
Pierre Bourdieu 1979 · attaque la prémisse 4Bourdieu soutient que l'esthétique « pure » universalise les dispositions d'une condition sociale particulière. Celui qui peut tenir ses plaisirs à distance des nécessités est un privilégié. Ce que Schiller appelle ce qui est commun à tous serait ce qui est commun à ceux qui ont le temps et les moyens de jouer.
Schiller répond
Bourdieu soutient que l'esthétique « pure » universalise les dispositions d'une condition sociale particulière. Celui qui peut tenir ses plaisirs à distance des nécessités est un privilégié. Ce que Schiller appelle ce qui est commun à tous serait ce qui est commun à ceux qui ont le temps et les moyens de jouer.
Charles Darwin 1871 · attaque la prémisse 3Darwin écrit qu'il n'est certainement pas vrai qu'il existe dans l'esprit de l'homme un étalon universel de beauté pour le corps humain : les hommes de chaque race préfèrent ce à quoi ils sont habitués. Si le sens du beau a été façonné par la sélection et l'habitude, ce que chacun goûte « en tant qu'espèce » varie d'un peuple à l'autre, et l'espèce ne parle pas d'une seule voix.
sans réponse
Darwin écrit qu'il n'est certainement pas vrai qu'il existe dans l'esprit de l'homme un étalon universel de beauté pour le corps humain : les hommes de chaque race préfèrent ce à quoi ils sont habitués. Si le sens du beau a été façonné par la sélection et l'habitude, ce que chacun goûte « en tant qu'espèce » varie d'un peuple à l'autre, et l'espèce ne parle pas d'une seule voix.