La foi cherche l'obéissance, la philosophie la vérité
Séparer la foi et la philosophie
Entre la foi (la théologie) et la philosophie, il n'y a ni commerce ni parenté. Ni l'une ne doit servir l'autre : chacune règne sur son domaine.
La foi vise l'obéissance et la philosophie la vérité : deux buts différents, donc aucune ne doit commander l'autre.
« La foi cherche l'obéissance, la philosophie la vérité » est un argument de Baruch Spinoza (Traité théologico-politique, ch. 14-15 (1670), 1670) sur la question « Faut-il croire sans preuve ? » (réponse : deux domaines séparés). Sa thèse : Entre la foi (la théologie) et la philosophie, il n'y a ni commerce ni parenté. Ni l'une ne doit servir l'autre : chacune règne sur son domaine. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Au XVIIe siècle, on débat de qui doit commander : la raison ou l'Écriture. Spinoza, dans un livre publié sans nom d'auteur en 1670 et vite interdit, répond que la question est mal posée. Il définit la foi par son but : l'obéissance, c'est-à-dire la justice et la charité envers le prochain. Il définit la philosophie par le sien : la vérité. Deux buts différents, deux fondements différents : elles ne peuvent ni se commander ni se contredire.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où la foi vise l'obéissance, la philosophie la vérité, et où il existe pourtant un commerce entre elles (par exemple, si la foi devait s'appuyer sur des vérités philosophiques sur Dieu).
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Maïmonide 1190 · attaque la conclusionSelon Spinoza lui-même, Maïmonide est le premier, chez les pharisiens, à déclarer ouvertement que l'Écriture doit être mise d'accord avec la raison. Quand un verset sur Dieu heurte la raison, on l'interprète autrement. Pour lui, foi et philosophie visent donc la même vérité, et la raison guide la lecture.
Spinoza répond
Selon Spinoza lui-même, Maïmonide est le premier, chez les pharisiens, à déclarer ouvertement que l'Écriture doit être mise d'accord avec la raison. Quand un verset sur Dieu heurte la raison, on l'interprète autrement. Pour lui, foi et philosophie visent donc la même vérité, et la raison guide la lecture.
RRabbi Jehuda Alpakhar attaque la conclusionSelon Spinoza, qui le critique, Alpakhar veut éviter l'erreur de Maïmonide en allant à l'opposé : la raison doit se soumettre à l'Écriture et lui céder entièrement. Ce que l'Écriture enseigne expressément est vrai sur sa seule autorité. Pour lui, la philosophie est donc la servante de la foi, pas un domaine à part.
Spinoza répond
Selon Spinoza, qui le critique, Alpakhar veut éviter l'erreur de Maïmonide en allant à l'opposé : la raison doit se soumettre à l'Écriture et lui céder entièrement. Ce que l'Écriture enseigne expressément est vrai sur sa seule autorité. Pour lui, la philosophie est donc la servante de la foi, pas un domaine à part.
Averroès 1179 · attaque la prémisse 4Averroès soutient que la Loi révélée et la philosophie ne se contredisent pas, car la vérité s'accorde avec la vérité et témoigne pour elle. Elles ne sont donc pas sans parenté : elles disent la même vérité, sous des formes différentes, et la raison peut dire comment lire le texte.
sans réponse
Averroès soutient que la Loi révélée et la philosophie ne se contredisent pas, car la vérité s'accorde avec la vérité et témoigne pour elle. Elles ne sont donc pas sans parenté : elles disent la même vérité, sous des formes différentes, et la raison peut dire comment lire le texte.