Gouverner, c'est faire à autrui ce qu'on ne voudrait pas qu'on nous fasse : refuser de participer plutôt que renverser
Le Royaume de Dieu est en vous ; la non-résistance au mal par la violence
Le christianisme, bien compris, met fin à l'État : aucun gouvernement n'a d'autorité légitime sur nous, et la façon d'en sortir est que chacun refuse de prendre part à la violence d'État.
Gouverner, c'est employer la force, donc faire aux autres ce qu'on ne voudrait pas subir : le seul remède est de refuser d'y prendre part.
« Gouverner, c'est faire à autrui ce qu'on ne voudrait pas qu'on nous fasse : refuser de participer plutôt que renverser » est un argument de Léon Tolstoï (Tolstoï, Le Royaume de Dieu est en vous, 1893 (chap. 7 et 10), 1893) sur la question « Faut-il toujours obéir à la loi ? » (réponse : pas de maître). Sa thèse : Le christianisme, bien compris, met fin à l'État : aucun gouvernement n'a d'autorité légitime sur nous, et la façon d'en sortir est que chacun refuse de prendre part à la violence d'État. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Un État peut-il avoir sur nous une autorité légitime, s'il repose sur la contrainte ? Tolstoï part d'une règle simple, la règle d'or de l'Évangile : ne pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fasse. Gouverner, c'est employer la force, donc faire à autrui ce qu'on ne voudrait pas pour soi. Il ajoute deux constats : la force ne protège pas la société, qui tient malgré elle, et l'État n'est plus nécessaire pour que les gens coopèrent. Il ne conclut pas par la révolution : pour lui, les révolutions de l'histoire ne font que remplacer un pouvoir par un autre. Sa voie est le refus de participer (à l'armée, aux tribunaux, à l'administration), chacun selon sa conscience. Il dit lui-même qu'on ne peut pas démontrer en général que l'État est inutile : il parle pour celui qui ne peut plus le soutenir.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où gouverner est un mal, où la force ne protège pas et où l'État est dispensable, et où pourtant l'État garde une autorité légitime : une autorité peut rester légitime en usant d'un moyen discutable si ce moyen est le moins mauvais.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Thomas Hobbes 1651 · attaque la prémisse 3Hobbes décrit ce qui arrive là où il n'y a pas de pouvoir commun : il n'y a pas de place pour l'industrie, parce que son fruit est incertain, et par conséquent pas de culture de la terre. Sans un pouvoir qui tienne tout le monde en respect, chacun a peur de chacun. La coopération que Tolstoï croit possible sans l'État suppose un ordre que l'État seul garantit.
Tolstoï répond
Hobbes décrit ce qui arrive là où il n'y a pas de pouvoir commun : il n'y a pas de place pour l'industrie, parce que son fruit est incertain, et par conséquent pas de culture de la terre. Sans un pouvoir qui tienne tout le monde en respect, chacun a peur de chacun. La coopération que Tolstoï croit possible sans l'État suppose un ordre que l'État seul garantit.
Max Weber 1919 · attaque la prémisse 1Weber distingue l'éthique de conviction, qui juge un acte selon sa conformité à un principe, et l'éthique de responsabilité, qui répond de ses conséquences prévisibles. Pour lui, la règle de l'Évangile de ne pas résister au mal par la violence est une éthique absolue qui convient à un saint. Dès qu'on doit répondre des conséquences d'un refus de la force, y compris pour d'autres personnes, la politique exige parfois de s'en servir.
sans réponse
Weber distingue l'éthique de conviction, qui juge un acte selon sa conformité à un principe, et l'éthique de responsabilité, qui répond de ses conséquences prévisibles. Pour lui, la règle de l'Évangile de ne pas résister au mal par la violence est une éthique absolue qui convient à un saint. Dès qu'on doit répondre des conséquences d'un refus de la force, y compris pour d'autres personnes, la politique exige parfois de s'en servir.
John Rawls 1971 · attaque la prémisse 5Rawls soutient que nous avons un devoir naturel de justice : soutenir et respecter les institutions justes qui existent et s'appliquent à nous. Et ceux qui profitent d'arrangements équitables doivent à leur tour faire leur part. Un État dont les institutions sont justes a donc une autorité légitime, même s'il emploie la contrainte.
sans réponse
Rawls soutient que nous avons un devoir naturel de justice : soutenir et respecter les institutions justes qui existent et s'appliquent à nous. Et ceux qui profitent d'arrangements équitables doivent à leur tour faire leur part. Un État dont les institutions sont justes a donc une autorité légitime, même s'il emploie la contrainte.