La nature humaine est mauvaise : le bois tordu doit être redressé
« La nature humaine est mauvaise » ; le bois tordu et l'équerre ; Xing e
La nature humaine est mauvaise ; la bonté est acquise, par les maîtres, les rites et les lois, comme le bois tordu est redressé par l'équerre.
Suivis sans frein, les penchants de naissance mènent au désordre, et la bonté s'apprend : elle ne vient donc pas de la nature.
« La nature humaine est mauvaise : le bois tordu doit être redressé » est un argument de Xunzi (Xunzi, chapitre 23 (vers 250 av. J.-C.), 250 av. J.-C.) sur la question « L'être humain est-il bon par nature ? » (réponse : porté au mal). Sa thèse : La nature humaine est mauvaise ; la bonté est acquise, par les maîtres, les rites et les lois, comme le bois tordu est redressé par l'équerre. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 6 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Mencius disait que l'homme naît bon. Xunzi, un siècle plus tard, lui répond point par point dans un chapitre entier, « La nature humaine est mauvaise ». Pour lui, ce que nous apportons en naissant, ce sont des penchants : le goût du gain, l'envie, les désirs des yeux et des oreilles. Laissés à eux-mêmes, ils mènent à la querelle et à la violence. La bonté existe, mais elle est un artifice, au sens fort de ce qui est fait par l'homme : les sages ont créé les rites et la justice, et chacun doit les apprendre, comme le bois tordu doit être redressé par la vapeur et l'équerre. Xunzi est un confucéen : il pense que chacun peut devenir un sage. Mais il y voit le fruit d'un effort contre la nature, non l'épanouissement de la nature. La forme P1 à P5 est notre reconstruction du chapitre 23.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où les penchants de naissance mènent au désordre et où la bonté s'apprend, mais où la nature porte aussi des penchants au bien, qu'il faut simplement cultiver : la conclusion « nature mauvaise » ne suit plus.
Objections
6Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Mencius (tel que Xunzi le cite) 320 av. J.-C. · attaque la prémisse 3Résumé : Xunzi cite Mencius, selon qui le fait que les hommes soient capables d'apprendre montre que leur nature est bonne.
Xunzi répond
Résumé : Xunzi cite Mencius, selon qui le fait que les hommes soient capables d'apprendre montre que leur nature est bonne.
Mencius 320 av. J.-C. · attaque la prémisse 1Résumé : Mencius dit qu'on croit les hommes mauvais comme on croit la montagne du Bœuf sans arbres : on ne voit que ce qui reste après les coupes, et on oublie que la nature a donné des pousses. La bonté n'est pas absente, elle est abîmée jour après jour.
Xunzi répond
Résumé : Mencius dit qu'on croit les hommes mauvais comme on croit la montagne du Bœuf sans arbres : on ne voit que ce qui reste après les coupes, et on oublie que la nature a donné des pousses. La bonté n'est pas absente, elle est abîmée jour après jour.
Mencius 320 av. J.-C. · attaque la prémisse 1Résumé : si des gens voient soudain un enfant sur le point de tomber dans un puits, tous éprouvent de l'effroi et de la compassion, sans calcul : ce n'est ni pour plaire aux parents, ni pour être loués, ni pour éviter d'avoir mauvaise réputation. Cette réaction immédiate est la preuve d'un fonds bon, que Xunzi ne cite pas parmi les penchants de naissance.
sans réponse
Résumé : si des gens voient soudain un enfant sur le point de tomber dans un puits, tous éprouvent de l'effroi et de la compassion, sans calcul : ce n'est ni pour plaire aux parents, ni pour être loués, ni pour éviter d'avoir mauvaise réputation. Cette réaction immédiate est la preuve d'un fonds bon, que Xunzi ne cite pas parmi les penchants de naissance.
ZZhu Xi 1190 · attaque la conclusionRésumé : Zhu Xi dit que Mencius ne parle de la nature que telle qu'elle est à l'origine, alors que Xunzi n'a vu que le mauvais côté, et que d'autres ont vu un mélange. Il faut, selon lui, tenir ensemble la nature (le principe, bon) et le souffle (qi) qui la porte et fait que les hommes sont inégaux.
sans réponse
Résumé : Zhu Xi dit que Mencius ne parle de la nature que telle qu'elle est à l'origine, alors que Xunzi n'a vu que le mauvais côté, et que d'autres ont vu un mélange. Il faut, selon lui, tenir ensemble la nature (le principe, bon) et le souffle (qi) qui la porte et fait que les hommes sont inégaux.
Une tension dans le texte de Xunzi lui-même attaque la prémisse 5Xunzi écrit que tout homme de la rue possède la qualité qui lui permet de connaître la bienveillance et la justice, et l'instrument qui lui permet de les pratiquer : aussi peut-il devenir un sage. Mais d'où viennent cette qualité et cet instrument, si la nature est entièrement mauvaise ? Ils semblent faire partie de la nature, et ils ne sont pas mauvais.
Xunzi répond
Xunzi écrit que tout homme de la rue possède la qualité qui lui permet de connaître la bienveillance et la justice, et l'instrument qui lui permet de les pratiquer : aussi peut-il devenir un sage. Mais d'où viennent cette qualité et cet instrument, si la nature est entièrement mauvaise ? Ils semblent faire partie de la nature, et ils ne sont pas mauvais.
JJ. Kiley Hamlin, Karen Wynn et Paul Bloom 2007 · attaque la prémisse 1Résumé : dans une série d'expériences, des bébés de six et dix mois, qui regardaient des scènes avec des figurines, préféraient celle qui aidait un autre personnage à celle qui l'empêchait d'avancer. Les auteurs y voient une évaluation morale élémentaire, présente avant toute éducation et tout langage.
sans réponse
Résumé : dans une série d'expériences, des bébés de six et dix mois, qui regardaient des scènes avec des figurines, préféraient celle qui aidait un autre personnage à celle qui l'empêchait d'avancer. Les auteurs y voient une évaluation morale élémentaire, présente avant toute éducation et tout langage.