Fiodor Dostoïevski
Romancier qui met en scène, dans la bouche de ses personnages, les grandes questions de la foi, de la liberté et du mal.
Sa vie
Romancier russe (Moscou 1821 - Saint-Pétersbourg 1881). Condamné à mort en 1849 pour avoir participé à un cercle de discussion, gracié au dernier instant, il passe quatre ans au bagne en Sibérie. Ses romans, dont Crime et Châtiment et Les Frères Karamazov, font débattre des personnages qui incarnent des idées : la foi et l'athéisme, la liberté et l'obéissance, le crime et la culpabilité. La formule « si Dieu n'existe pas, tout est permis », qui résume des propos d'Ivan dans Les Frères Karamazov sans y figurer mot pour mot, est devenue un raccourci célèbre du débat sur la morale sans Dieu.
Ses œuvres
Un roman où trois frères et un fils illégitime affrontent la foi, le doute et le meurtre d'un père ; on y trouve la Légende du Grand Inquisiteur.
Un étudiant pauvre commet un meurtre au nom d'une théorie, puis est rongé par la culpabilité.
Le monologue d'un homme qui refuse que la raison et l'intérêt expliquent tout de l'humain.
Un roman sur un groupe de révolutionnaires dans une ville de province, qui montre les dégâts d'idées poussées jusqu'au bout.
Ce qu'il a écrit
« Oui, c'est ce que j'ai soutenu. Il n'y a pas de vertu, s'il n'y a pas d'immortalité. »
Да, я это утверждал. Нет добродетели, если нет бессмертия.
« Eh bien oui : « tout est permis », puisque le mot a été dit. Je ne le renie pas. »
Да, пожалуй: «всё позволено», если уж слово произнесено. Не отрекаюсь.
« Ce n'est pas Dieu que je n'accepte pas, Aliocha, je lui rends seulement, très respectueusement, mon billet. »
Не бога я не принимаю, Алеша, я только билет ему почтительнейше возвращаю.
Ses positions
clique sur une ligne pour voir la preuveIl a écrit que si l'on lui prouvait que le Christ est hors de la vérité, il préférerait rester avec le Christ plutôt qu'avec la vérité.
Dostoevsky, Letter to N. D. Fonvizina (February 1854)
Les humains tiennent à leur propre volonté même contre leur intérêt ; la liberté est un fardeau qu'on cherche à confier à d'autres, comme le montre le Grand Inquisiteur.
Dostoevsky, Notes from Underground (1864); The Brothers Karamazov (1880)
Par Ivan et Zosime, le roman présente le bien et le mal comme obligatoires seulement s'ils reposent sur Dieu et l'immortalité ; l'auteur est du côté de Zosime.
Dostoevsky, The Brothers Karamazov (1880)
Dans ses lettres et ses romans, la foi passe avant l'argument ; le réquisitoire rationnel d'Ivan est réfuté par des vies de foi, non par une contre-preuve.
Dostoevsky, The Brothers Karamazov (1880)
Sans une foi qui donne un sens à la vie, ses personnages sombrent dans le désespoir ou le crime ; avec elle, ils trouvent une raison d'aimer et de vivre.
Dostoevsky, Crime and Punishment (1866); The Brothers Karamazov (1880)