Crois pour comprendre
Crois pour comprendre (credo ut intelligam)
La foi précède et prépare l'intelligence, qui en est la récompense, mais sans s'opposer à la raison : on comprend la parole humaine pour croire, et l'on croit la parole de Dieu pour comprendre.
Certaines vérités ne se comprennent pas encore ; la foi purifie le cœur pour les voir un jour, et la raison reste là avant elle.
« Crois pour comprendre » est un argument d'Augustin (Lettre 120 à Consentius ; Sermon 43, 410) sur la question « Faut-il croire sans preuve ? » (réponse : la foi et la raison s'accordent). Sa thèse : La foi précède et prépare l'intelligence, qui en est la récompense, mais sans s'opposer à la raison : on comprend la parole humaine pour croire, et l'on croit la parole de Dieu pour comprendre. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Consentius, un lecteur d'Augustin, veut comprendre le mystère de la Trinité. Il écrit pourtant que la foi vaut mieux que le raisonnement, et qu'il faut suivre l'autorité des saints plutôt que demander des raisons. Augustin lui répond, dans la Lettre 120, que croire n'empêche pas de demander des raisons. Dans le Sermon 43, il résume l'idée en une formule qui va traverser tout le Moyen Âge : « crois pour comprendre ». La foi n'est pas pour lui l'arrêt de la pensée, mais son point de départ : on croit d'abord ce qu'on ne voit pas encore, et la récompense de cette foi est de le voir. Il ne dit pas pour autant « n'utilise pas ta raison ». On ne pourrait pas croire sans une âme raisonnable, et une raison, même petite, nous persuade déjà qu'il est sage de croire d'abord.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, le calculateur trouve un cas où des vérités du salut sont encore incomprises et où le prophète parle, sans que l'on en tire qu'il faille croire d'abord : la conclusion ne suit pas.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
John Locke 1700 · attaque la prémisse 5Croire d'abord, c'est risquer de croire n'importe quoi. La foi est un assentiment donné sur la parole de celui qui parle au nom de Dieu. Savoir si c'est bien une révélation de Dieu n'est pas une affaire de foi : c'est à la raison d'en juger avant.
Augustin répond
Croire d'abord, c'est risquer de croire n'importe quoi. La foi est un assentiment donné sur la parole de celui qui parle au nom de Dieu. Savoir si c'est bien une révélation de Dieu n'est pas une affaire de foi : c'est à la raison d'en juger avant.
William K. Clifford 1877 · attaque la prémisse 3Croire d'abord et comprendre ensuite, c'est croire sur des preuves insuffisantes. Pour Clifford, c'est toujours mal, partout et pour tout le monde.
un défenseur répond
Croire d'abord et comprendre ensuite, c'est croire sur des preuves insuffisantes. Pour Clifford, c'est toujours mal, partout et pour tout le monde.
Tertullien 200 · attaque la conclusionIl n'y a rien de plus à chercher une fois qu'on a cru. Tertullien refuse le mélange de la philosophie (Athènes) et de la foi (Jérusalem) : après le Christ et l'Évangile, pas besoin de curiosité ni de recherche. Chercher à comprendre, c'est déjà commencer à douter. Tertullien écrit deux siècles avant Augustin.
Augustin répond
Il n'y a rien de plus à chercher une fois qu'on a cru. Tertullien refuse le mélange de la philosophie (Athènes) et de la foi (Jérusalem) : après le Christ et l'Évangile, pas besoin de curiosité ni de recherche. Chercher à comprendre, c'est déjà commencer à douter. Tertullien écrit deux siècles avant Augustin.