L'enthousiasme n'est pas une preuve : la raison juge de toute révélation
Contre l'enthousiasme
L'enthousiasme n'est pas une preuve. Avant d'y croire, toute révélation prétendue doit être examinée par la raison, qui reste notre dernier juge et notre guide en toute chose.
Une forte conviction intérieure ne prouve ni la vérité d'une idée ni son origine divine : seule la raison peut l'examiner.
« L'enthousiasme n'est pas une preuve : la raison juge de toute révélation » est un argument de John Locke (Essai sur l'entendement humain, IV, 18-19 (1690-1700), 1700) sur la question « Faut-il croire sans preuve ? » (réponse : pas de croyance sans preuve). Sa thèse : L'enthousiasme n'est pas une preuve. Avant d'y croire, toute révélation prétendue doit être examinée par la raison, qui reste notre dernier juge et notre guide en toute chose. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Au XVIIe siècle, des groupes religieux affirment que Dieu leur parle directement, dans leur esprit, sans livre ni raisonnement : ce sont les « enthousiastes ». Locke ne nie pas que Dieu puisse parler à un homme. Il pose une autre question : comment cet homme sait-il que la voix vient de Dieu ? Il se sent sûr, il sent une lumière en lui. Mais être sûr n'est pas avoir raison. Saint Paul était sûr de bien faire en persécutant les chrétiens, et il se trompait. Donc une révélation prétendue doit passer devant la raison, comme n'importe quelle autre affirmation, et l'on doit croire autant que les preuves le permettent, pas davantage.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, le calculateur trouve un cas où l'on tient une proposition pour divine sans examen de la raison et sans se fier à la seule conviction (par exemple par un signe que l'on juge sûr sans l'examiner). La conclusion ne suit pas.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Les « enthousiastes », tels que Locke les décrit 1700 · attaque la prémisse 3La lumière que Dieu met dans l'esprit n'a pas besoin de preuve : elle se montre d'elle-même, comme le soleil à midi. Demander une preuve à celui qui voit la lumière, c'est ridicule.
Locke répond
La lumière que Dieu met dans l'esprit n'a pas besoin de preuve : elle se montre d'elle-même, comme le soleil à midi. Demander une preuve à celui qui voit la lumière, c'est ridicule.
Blaise Pascal 1670 · attaque la prémisse 4La raison est faible quand elle veut tout juger : sa dernière démarche est de reconnaître ce qui la dépasse. Nous connaissons aussi par le cœur, et la foi, c'est Dieu senti au cœur, non à la raison. Pascal écrit avant l'Essai et ne répond pas à Locke : sa thèse est le contraire de « la raison, dernier juge en toute chose ».
Locke répond
La raison est faible quand elle veut tout juger : sa dernière démarche est de reconnaître ce qui la dépasse. Nous connaissons aussi par le cœur, et la foi, c'est Dieu senti au cœur, non à la raison. Pascal écrit avant l'Essai et ne répond pas à Locke : sa thèse est le contraire de « la raison, dernier juge en toute chose ».
William James 1896 · attaque la prémisse 1Une règle qui nous empêcherait absolument de reconnaître certaines vérités, si elles étaient vraies, serait une règle irrationnelle. Exiger des preuves avant de croire peut donc fermer la porte à ce qui ne se montre qu'à celui qui accepte d'y croire d'abord. James vise la règle de Clifford, voisine de celle de Locke ; il ne cite pas Locke dans ce texte.
sans réponse
Une règle qui nous empêcherait absolument de reconnaître certaines vérités, si elles étaient vraies, serait une règle irrationnelle. Exiger des preuves avant de croire peut donc fermer la porte à ce qui ne se montre qu'à celui qui accepte d'y croire d'abord. James vise la règle de Clifford, voisine de celle de Locke ; il ne cite pas Locke dans ce texte.
Une tension chez Locke lui-même 1700 · attaque la conclusionLocke range les propositions en trois classes : selon la raison, au-dessus de la raison (la résurrection des morts, par exemple, Essai IV, 17, 23) et contraires à la raison. Il accepte que ce qui est « au-dessus de la raison » devienne, une fois révélé, la matière propre de la foi (IV, 18, 7). Alors la raison ne juge plus de tout : la foi a bien un domaine à elle.
Locke répond
Locke range les propositions en trois classes : selon la raison, au-dessus de la raison (la résurrection des morts, par exemple, Essai IV, 17, 23) et contraires à la raison. Il accepte que ce qui est « au-dessus de la raison » devienne, une fois révélé, la matière propre de la foi (IV, 18, 7). Alors la raison ne juge plus de tout : la foi a bien un domaine à elle.