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Dieu existe-t-il ?AgnosticismeMiracles et témoignages

Contre les miracles

Hume 1711 · 1776Ni la cause ni l'induction ne se prouvent : l'habitude nous guide.
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Ce qu'il soutient

Il n'est jamais raisonnable de croire un miracle sur la foi d'un témoignage, et un miracle ne peut fonder une religion.

Pourquoi

Un miracle viole des lois établies par une expérience constante ; un témoignage ne vaut que si sa fausseté serait encore plus miraculeuse.

En bref

« Contre les miracles » est un argument de Hume (Enquête, section 10) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : agnosticisme). Sa thèse : Il n'est jamais raisonnable de croire un miracle sur la foi d'un témoignage, et un miracle ne peut fonder une religion. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 4 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Enquête, section 10
Valide

Hume ne dit pas que les miracles sont impossibles. Il soutient qu'il n'est jamais raisonnable de croire, sur la foi d'un témoignage, qu'un miracle a eu lieu.

P1Le sage proportionne sa croyance aux preuves : il croit ce que les preuves les plus fortes soutiennent.
P2Un miracle viole les lois de la nature, établies par une expérience ferme et constante : contre lui, l'expérience fournit la preuve la plus forte possible.
P3Un témoignage ne peut donc établir un miracle que si sa fausseté serait encore plus miraculeuse que le miracle lui-même.
P4Aucun témoignage de miracle ne remplit cette condition : l'histoire n'en offre aucun assez solide pour écarter l'erreur, la crédulité ou le mensonge.
Donc il n'est jamais raisonnable de croire un miracle sur la foi d'un témoignage, et un miracle ne peut fonder une religion.

clique sur une prémisse pour la rejeter

Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
L'argument est valide et chaque prémisse est indispensable. Les critiques visent surtout P2 (l'expérience est-elle vraiment « constante » si des miracles ont eu lieu ?) et P4 (est-ce un constat historique ou un jugement posé d'avance ?).
Analogie. Un ami vous jure avoir vu un homme traverser un mur. Qu'est-ce qui est le plus probable : que les lois de la physique aient cédé, ou que votre ami se trompe ou exagère ? Hume vous demande de croire le moins improbable.

Objections

3

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

G
George Campbell 1762 · attaque la prémisse 2

Hume tourne en rond : dire que l'expérience contre les miracles est « constante », c'est supposer d'avance que les témoins de miracles se trompent, c'est-à-dire ce qu'il fallait prouver.

sans réponse
résumé : son texte n'est pas encore dans notre corpus
Hume a répondu, mais ce texte n'est pas encore dans notre corpus.
Objection anticipée par Hume attaque la prémisse 4

Et si tous les témoins, dans toutes les langues, rapportaient le même événement extraordinaire, par exemple huit jours de ténèbres sur toute la Terre en 1600 ?

Hume répond
Hume
Dans ce cas, il faudrait l'accepter et en chercher les causes. Ma thèse est plus limitée : un miracle ne peut pas être prouvé au point de fonder une religion.
C. S. Lewis 1947 · attaque la prémisse 2

Nous ne pouvons savoir que l'expérience contre les miracles est uniforme que si nous savons déjà que tous les récits de miracles sont faux : l'argument présuppose sa conclusion.

sans réponse
résumé : son texte n'est pas encore dans notre corpus
Pas de réponse possible : objection formulée en 1947, après sa mort (1776).
Ce qu'en disent les voix d'aujourd'hui
Le défendent
Neil deGrasse TysonIl rappelle que, selon un philosophe qu'il pense être Hume, un événement inexpliqué est plus probablement une nouvelle loi de la physique qu'un miracle divin.
Richard DawkinsIl dit que croire aux miracles est « en contradiction flagrante » avec l'esprit de la science. C'est proche de la conclusion de Hume, mais il ne la présente pas comme l'argument de Hume.
Steven PinkerIl présente la formule de Sagan (« les affirmations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires ») comme un écho de l'argument de Hume contre les miracles, et comme du raisonnement bayésien.
Alex O'ConnorDit que de faibles explications alternatives de la résurrection ne doivent pas accroître sa confiance qu'un homme est ressuscité, ce qui lui paraît infiniment moins plausible.
Lawrence KraussIl dit que les miracles et la Bible comme parole de Dieu sont des affirmations extraordinaires sans preuve.
Peter SingerIl traite la vision du Christ ressuscité par Paul comme d'autres apparitions rapportées, dont on doute d'ordinaire.
Bart EhrmanIl dit que les affirmations sur la résurrection sont théologiques et non historiques : l'histoire ne peut dire que ce qui s'est probablement passé, et un miracle est l'explication la moins probable. En 2026 il disait ne pas trancher par principe : on pèse s'il est plus probable que l'événement ait eu lieu ou que les témoins se soient trompés ou l'aient inventé. En 2008, même devant des milliers de témoignages d'apparitions de Marie, il disait ne pas pouvoir le prouver en historien.
Matt DillahuntyIl applique « les affirmations extraordinaires demandent des preuves extraordinaires » à la résurrection, ainsi que la pesée de Hume entre le miracle et l'erreur ou la tromperie.
Le critiquent
John LennoxIl répond à Hume que les lois de la nature décrivent des régularités, donc qu'un miracle ne les viole pas. Il reprend l'exemple de C. S. Lewis du billet inattendu. En débat, il ajoute : « il faut connaître les lois pour reconnaître un miracle ».
Wesley HuffIl dit qu'un historien peut proposer des explications surnaturelles. Il juge la résurrection très probable (plusieurs lignes de témoins indépendantes), Jonas ou l'eau changée en vin moins.
William Lane CraigIl dit que si l'arrière-plan comprend un créateur, on ne peut pas tenir un miracle pour improbable.
Frank TurekIl dit que si l'univers est né de rien, les miracles sont possibles, « parce que le plus grand miracle de tous a déjà eu lieu ». Savoir s'il y en a eu un devient alors une question historique.
Trent HornIl dit qu'une résurrection est un miracle justement parce que les morts restent normalement morts : un miracle ne contredit pas la régularité qu'il brise. Il soutient aussi que les miracles chrétiens sont mieux attestés que ceux des autres religions.
Philip GoffÀ propos de la résurrection, il dit que les preuves seraient évidentes pour un événement ordinaire : tout dépend donc de l'a priori, qu'il juge raisonnable si un Dieu au pouvoir limité existe.