La seule parole de Dieu est la Création que nous voyons
Le déisme de Paine ; la Création comme révélation
La seule parole de Dieu est la Création : pour savoir ce qu'est Dieu, il ne faut pas chercher dans un livre que la main humaine a pu faire, mais dans l'écriture qu'est la Création.
Une parole de Dieu pour tous doit être universelle et inchangeable ; aucun livre ne l'est, seule la Création que chacun peut lire l'est.
« La seule parole de Dieu est la Création que nous voyons » est un argument de Thomas Paine (L'Âge de raison, 1794-1795, 1794) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : déisme). Sa thèse : La seule parole de Dieu est la Création : pour savoir ce qu'est Dieu, il ne faut pas chercher dans un livre que la main humaine a pu faire, mais dans l'écriture qu'est la Création. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Thomas Paine, penseur de la Révolution américaine, croit en un seul Dieu et refuse les Églises. Sa raison est une idée simple. Si Dieu parlait à tous les hommes, il le ferait d'une manière que tous peuvent comprendre, partout, sans que personne puisse la changer. Or aucun livre ne remplit cette condition : une langue est locale et change, un récit de seconde main n'est qu'une rumeur. Ce qui parle à tous les peuples, sans traduction, et que personne ne peut falsifier, c'est la Création. La seule écriture de Dieu est donc le monde lui-même, et la raison suffit pour la lire.
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un monde où aucun livre ne remplit les conditions, la Création les remplit, mais Dieu ne parle pas du tout : les autres prémisses sont vraies, la conclusion est fausse.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
RRichard Watson 1796 · attaque la prémisse 3Richard Watson, évêque de Llandaff, répond à Paine dans An Apology for the Bible (1796). Paine, dit-il, mélange deux sortes de preuves : la démonstration des mathématiques et la probabilité qui vient des témoignages. Les preuves qui suffisent pour dire qu'un livre ancien comme ceux de Platon ou de Cicéron est authentique suffisent aussi pour un livre sacré.
sans réponse
Richard Watson, évêque de Llandaff, répond à Paine dans An Apology for the Bible (1796). Paine, dit-il, mélange deux sortes de preuves : la démonstration des mathématiques et la probabilité qui vient des témoignages. Les preuves qui suffisent pour dire qu'un livre ancien comme ceux de Platon ou de Cicéron est authentique suffisent aussi pour un livre sacré.
David Hume 1779 · attaque la prémisse 4Dans les Dialogues sur la religion naturelle, Philon reprend les vieilles questions d'Épicure : Dieu veut-il empêcher le mal sans le pouvoir ? Alors il est impuissant. Le peut-il sans le vouloir ? Alors il est malveillant. Si la Création est la parole de Dieu, elle dit aussi la souffrance.
sans réponse
Dans les Dialogues sur la religion naturelle, Philon reprend les vieilles questions d'Épicure : Dieu veut-il empêcher le mal sans le pouvoir ? Alors il est impuissant. Le peut-il sans le vouloir ? Alors il est malveillant. Si la Création est la parole de Dieu, elle dit aussi la souffrance.
Joseph Butler 1736 · attaque la prémisse 1Dans The Analogy of Religion, Butler, écrivant contre les déistes de son temps, répond d'avance à ce genre d'argument : les difficultés qu'on oppose à la révélation (qu'elle soit partielle, obscure, transmise par des hommes) se retrouvent à l'identique dans la nature. Celui qui rejette l'Écriture pour ces difficultés devrait, pour la même raison, nier que Dieu ait formé le monde.
sans réponse
Dans The Analogy of Religion, Butler, écrivant contre les déistes de son temps, répond d'avance à ce genre d'argument : les difficultés qu'on oppose à la révélation (qu'elle soit partielle, obscure, transmise par des hommes) se retrouvent à l'identique dans la nature. Celui qui rejette l'Écriture pour ces difficultés devrait, pour la même raison, nier que Dieu ait formé le monde.