Le temps des horloges est du temps spatialisé, le temps réel est la durée vécue
La durée de Bergson
Le temps réel est la durée : une continuité qualitative qui s'écoule, où le passé se prolonge dans le présent. Le temps des horloges n'en est que le symbole spatial.
Le temps des horloges aligne des points dans l'espace ; le temps vécu est un flux de changements qui se fondent entre eux.
« Le temps des horloges est du temps spatialisé, le temps réel est la durée vécue » est un argument de Henri Bergson (Essai sur les données immédiates de la conscience, 1889, ch. II, 1889) sur la question « Le temps existe-t-il vraiment ? » (réponse : le temps passe vraiment). Sa thèse : Le temps réel est la durée : une continuité qualitative qui s'écoule, où le passé se prolonge dans le présent. Le temps des horloges n'en est que le symbole spatial. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Écoutez une mélodie. Vous n'entendez pas une note, puis une autre, puis une autre, chacune bien séparée : chaque note est colorée par celles qui précèdent, et la phrase se déploie d'un seul tenant. Pour Bergson, voilà le vrai temps. Quand nous le mesurons avec une montre, nous le remplaçons sans le voir par une ligne de points, comme si le temps était de l'espace. Cette ligne est utile pour la science, mais ce n'est qu'une image. Le temps réel, c'est la durée que nous vivons, et nous en faisons l'expérience directe.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, on pourrait accepter tout le reste et répondre que la durée vécue est seulement un état de notre cerveau, et que le temps mesuré par les horloges, lui, est le temps du monde. C'est ce que dira Einstein : il y a un temps physique, objectif, et un temps psychologique, qui en dépend.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Albert Einstein 1922 · attaque la conclusionLors de la séance de la Société française de philosophie, à Paris, en avril 1922, Einstein répond à Bergson que le temps des philosophes ne peut pas différer de celui des physiciens : c'est le même. On commence par le temps intuitif, le sentiment de l'ordre de nos états de conscience, mais il faut ensuite arriver à un temps objectif, celui de la physique.
un défenseur répond
Lors de la séance de la Société française de philosophie, à Paris, en avril 1922, Einstein répond à Bergson que le temps des philosophes ne peut pas différer de celui des physiciens : c'est le même. On commence par le temps intuitif, le sentiment de l'ordre de nos états de conscience, mais il faut ensuite arriver à un temps objectif, celui de la physique.
Bertrand Russell 1912 · attaque la prémisse 1Russell juge que Bergson ignore les mathématiques modernes. Pour lui, on peut représenter parfaitement un mouvement continu par une suite de points, à condition qu'entre deux points il y en ait toujours un autre : un cinématographe qui aurait une infinité de photogrammes, sans photogramme suivant, représenterait parfaitement un mouvement continu.
un défenseur répond
Russell juge que Bergson ignore les mathématiques modernes. Pour lui, on peut représenter parfaitement un mouvement continu par une suite de points, à condition qu'entre deux points il y en ait toujours un autre : un cinématographe qui aurait une infinité de photogrammes, sans photogramme suivant, représenterait parfaitement un mouvement continu.
John McTaggart 1908 · attaque la conclusionMcTaggart soutient que le temps n'existe pas. Pour lui, le temps suppose que les événements soient passés, présents ou futurs, et il juge que cette manière de les ordonner est contradictoire. Si c'est vrai, la durée vécue que défend Bergson ne peut pas être un temps réel.
sans réponse
McTaggart soutient que le temps n'existe pas. Pour lui, le temps suppose que les événements soient passés, présents ou futurs, et il juge que cette manière de les ordonner est contradictoire. Si c'est vrai, la durée vécue que défend Bergson ne peut pas être un temps réel.