Le néant absolu est une pseudo-idée
L'idée de néant ; « il y a plus, et non pas moins, dans l'idée d'un objet qui n'existe pas »
Le néant absolu est une pseudo-idée, et la question « pourquoi quelque chose plutôt que rien ? » est un pseudo-problème, né d'une illusion.
Le néant absolu ne peut ni s'imaginer ni se concevoir sans contradiction : penser une absence, c'est penser la présence d'autre chose.
« Le néant absolu est une pseudo-idée » est un argument de Henri Bergson (L'Évolution créatrice, 1907, chapitre IV, 1907) sur la question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » (réponse : le néant n'existe pas). Sa thèse : Le néant absolu est une pseudo-idée, et la question « pourquoi quelque chose plutôt que rien ? » est un pseudo-problème, né d'une illusion. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5, P6). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Ferme les yeux et bouche-toi les oreilles. Fais disparaître le monde, puis ton corps, puis tes souvenirs. Que reste-t-il ? Toi, qui fais l'exercice. Bergson part de cette expérience simple pour soutenir que personne n'a jamais pensé le néant absolu : on a seulement l'impression de le penser. Et si le néant absolu n'est pas une vraie idée, la question « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » perd son point de départ : elle oppose l'être à un « rien » qui n'existe que comme mot.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, on peut accepter P1 à P3 et dire que l'idée du néant est quand même légitime, comme une idée limite que l'on atteint sans pouvoir se la représenter (on ne peut pas non plus imaginer l'infini). Sans P6, on peut accepter que le néant soit une pseudo-idée et garder une version de la question : pourquoi ce monde existe-t-il, et pas aucun ?
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Leibniz 1714 · attaque la conclusionPour Leibniz, la première question qu'on a le droit de poser est : « Pourquoi y a-t-il plutôt quelque chose que rien ? », car « le rien est plus simple et plus facile que quelque chose ». Le rien est donc une possibilité réelle, plus simple que le monde, et l'existence demande une raison.
Bergson répond
Pour Leibniz, la première question qu'on a le droit de poser est : « Pourquoi y a-t-il plutôt quelque chose que rien ? », car « le rien est plus simple et plus facile que quelque chose ». Le rien est donc une possibilité réelle, plus simple que le monde, et l'existence demande une raison.
Martin Heidegger 1929 · attaque la prémisse 3Heidegger refuse d'obtenir le rien en supprimant les choses. Dans l'angoisse, dit-il, l'étant n'est pas anéanti pour laisser le rien : l'étant « glisse » dans son ensemble, et le rien se montre en même temps que lui, sans être un objet. Ce rien-là ne se pense pas par addition de suppressions : il se vit comme une expérience où tout devient étranger.
sans réponse
Heidegger refuse d'obtenir le rien en supprimant les choses. Dans l'angoisse, dit-il, l'étant n'est pas anéanti pour laisser le rien : l'étant « glisse » dans son ensemble, et le rien se montre en même temps que lui, sans être un objet. Ce rien-là ne se pense pas par addition de suppressions : il se vit comme une expérience où tout devient étranger.