La première de toutes les questions : pourquoi l'étant et non plutôt rien ?
La question fondamentale de la métaphysique ; « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »
La bonne attitude n'est pas de répondre par une cause, mais de poser la question jusqu'au bout : « philosopher, c'est demander : pourquoi y a-t-il de l'étant et non plutôt rien ? »
C'est la plus vaste, la plus profonde et la plus originaire des questions ; y répondre d'avance par une doctrine, c'est cesser de la poser.
« La première de toutes les questions : pourquoi l'étant et non plutôt rien ? » est un argument de Martin Heidegger (Introduction à la métaphysique, 1935 (publiée en 1953), ch. 1 ; Qu'est-ce que la métaphysique ?, 1929, 1929) sur la question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » (réponse : le mystère premier). Sa thèse : La bonne attitude n'est pas de répondre par une cause, mais de poser la question jusqu'au bout : « philosopher, c'est demander : pourquoi y a-t-il de l'étant et non plutôt rien ? ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
On peut répondre à « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » par Dieu, par une cause première, ou par « parce que ». Pour Heidegger, toutes ces réponses passent à côté. Cette question est, dit-il, « la première de toutes les questions » : non pas dans le temps, mais en rang, parce qu'elle est la plus vaste (elle embrasse tout ce qui est), la plus profonde et la plus originaire. Elle ne demande pas une cause de plus : elle demande de se laisser saisir par l'étrangeté qu'il y ait de l'étant. Ici, la question est une réponse en elle-même : philosopher, c'est la poser vraiment, jusqu'au bout.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, on peut accepter que la question soit première en rang, que la foi dispense de la poser, et pourtant soutenir qu'une explication cosmologique donne la réponse : la question serait première et résolue. P4 écarte cette possibilité en excluant toute réponse qui part d'un étant.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Rudolf Carnap 1932 · attaque la prémisse 3Dans « Le dépassement de la métaphysique par l'analyse logique du langage », Carnap prend pour cible le discours de Heidegger sur le rien (« Qu'est-ce que la métaphysique ? »), dont la phrase « le rien néantit ». Selon lui, « rien » y est traité comme un nom, alors que c'est une façon de nier ; la phrase est donc une pseudo-proposition, correcte en apparence et vide de sens. Ce que Heidegger prend pour une expérience, l'étonnement devant le rien, ne s'exprime que par des phrases sans sens.
Heidegger répond
Dans « Le dépassement de la métaphysique par l'analyse logique du langage », Carnap prend pour cible le discours de Heidegger sur le rien (« Qu'est-ce que la métaphysique ? »), dont la phrase « le rien néantit ». Selon lui, « rien » y est traité comme un nom, alors que c'est une façon de nier ; la phrase est donc une pseudo-proposition, correcte en apparence et vide de sens. Ce que Heidegger prend pour une expérience, l'étonnement devant le rien, ne s'exprime que par des phrases sans sens.
Henri Bergson 1907 · attaque la prémisse 1Bergson soutient que la question « pourquoi quelque chose existe ? » n'a pas de sens : opposer l'existence au néant, c'est opposer du plein à du plein, car le « rien » absolu est une pseudo-idée qu'on ne peut ni imaginer ni concevoir. Si c'est vrai, la question n'est pas « la plus profonde » ; elle repose sur une illusion.
sans réponse
Bergson soutient que la question « pourquoi quelque chose existe ? » n'a pas de sens : opposer l'existence au néant, c'est opposer du plein à du plein, car le « rien » absolu est une pseudo-idée qu'on ne peut ni imaginer ni concevoir. Si c'est vrai, la question n'est pas « la plus profonde » ; elle repose sur une illusion.