Une suite sans fin d'êtres dépendants n'a aucune raison d'exister : il faut un être nécessaire
L'argument de Clarke ; la démonstration de l'être nécessaire
Un être indépendant, qui existe par la nécessité de sa nature, a existé de toute éternité : c'est la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien.
Si aucun être de la suite n'existe par nécessité, la suite entière n'a ni cause ni raison d'être : elle serait déterminée par rien.
« Une suite sans fin d'êtres dépendants n'a aucune raison d'exister : il faut un être nécessaire » est un argument de Samuel Clarke (A Demonstration of the Being and Attributes of God, 1705, 1705) sur la question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » (réponse : il y a une raison). Sa thèse : Un être indépendant, qui existe par la nécessité de sa nature, a existé de toute éternité : c'est la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1704, le théologien anglais Samuel Clarke donne à Londres les conférences Boyle, publiées l'année suivante sous le titre « A Demonstration of the Being and Attributes of God ». Il part d'un fait que presque tout le monde admet : quelque chose a toujours existé. Mais de quoi s'agit-il ? D'un être indépendant, ou d'une suite sans commencement d'êtres qui dépendent chacun du précédent ? Clarke soutient que la deuxième réponse n'explique rien : la suite entière n'aurait ni cause extérieure, puisqu'elle contient tout, ni raison en elle-même, puisqu'aucun de ses membres n'existe par nécessité. Il en conclut qu'un être indépendant a existé de toute éternité. Le texte est de 1705 : la langue est ancienne, mais le raisonnement tient en quelques lignes. Précision : Clarke tire ensuite d'autres attributs de cet être (éternel, unique, intelligent) ; cette page s'en tient au premier pas, celui qui répond à la question « pourquoi quelque chose plutôt que rien ? ».
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où quelque chose a toujours existé, où la suite infinie des êtres dépendants n'a aucune raison, et où aucun être indépendant n'est requis.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
David Hume 1779 · attaque la conclusionDans les Dialogues, Cléanthe s'en prend à la version de Déméa, que Hume lie en note à Clarke : tout ce qu'on conçoit existant, on peut le concevoir non existant, donc aucun être n'a une non-existence contradictoire et l'expression « existence nécessaire » n'a pas de sens. Et si une chose pouvait être nécessaire, pourquoi pas la matière elle-même ?
un défenseur répond
Dans les Dialogues, Cléanthe s'en prend à la version de Déméa, que Hume lie en note à Clarke : tout ce qu'on conçoit existant, on peut le concevoir non existant, donc aucun être n'a une non-existence contradictoire et l'expression « existence nécessaire » n'a pas de sens. Et si une chose pouvait être nécessaire, pourquoi pas la matière elle-même ?
David Hume 1779 · attaque la prémisse 3Si l'on explique la cause de chacune des parties d'une suite, il est déraisonnable de demander ensuite la cause du tout. Les unir en un tout n'est qu'un acte arbitraire de l'esprit, qui n'a aucune influence sur la nature des choses : si l'on montre la cause de chacune des vingt particules, on n'a pas à chercher celle des vingt.
un défenseur répond
Si l'on explique la cause de chacune des parties d'une suite, il est déraisonnable de demander ensuite la cause du tout. Les unir en un tout n'est qu'un acte arbitraire de l'esprit, qui n'a aucune influence sur la nature des choses : si l'on montre la cause de chacune des vingt particules, on n'a pas à chercher celle des vingt.
Bertrand Russell 1948 · attaque la prémisse 4Russell, face à Copleston qui reprend l'argument de Clarke et de Leibniz : la notion de cause vient de l'observation de choses particulières, et il ne voit aucune raison de supposer que le total ait une cause. L'univers est là, c'est tout.
un défenseur répond
Russell, face à Copleston qui reprend l'argument de Clarke et de Leibniz : la notion de cause vient de l'observation de choses particulières, et il ne voit aucune raison de supposer que le total ait une cause. L'univers est là, c'est tout.