Pourquoi Dieu se cacherait-il ?
L'argument du Dieu caché
Il n'existe pas de Dieu parfaitement aimant, et donc pas de Dieu.
Un Dieu parfaitement aimant serait ouvert à tous, or des personnes sans faute ne croient pas en lui et ne peuvent le chercher.
« Pourquoi Dieu se cacherait-il ? » est un argument de J. L. Schellenberg (Divine Hiddenness and Human Reason, 1993, 1993) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : athéisme). Sa thèse : Il n'existe pas de Dieu parfaitement aimant, et donc pas de Dieu. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Beaucoup de gens cherchent Dieu sincèrement et ne le trouvent pas. Pour le philosophe canadien J. L. Schellenberg, ce silence n'est pas un détail : c'est un argument contre Dieu. Un parent qui aime son enfant ne se cache pas de lui pendant toute sa vie. Si Dieu nous aimait parfaitement, il ferait au moins en sorte que tous ceux qui ne le refusent pas puissent savoir qu'il existe. L'argument ne parle pas de la souffrance, comme le problème du mal, mais du silence.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un monde où Dieu est aimant et ouvert à la relation, et où des gens ne croient pas sans faute : par exemple si l'on pouvait être en relation avec Dieu sans croire qu'il existe.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Pascal (la réponse traditionnelle) 1670 · attaque la prémisse 4Dieu ne se montre pas de façon à forcer tout le monde. Il se laisse trouver par ceux qui le cherchent de tout leur cœur, et reste caché à ceux qui le fuient. Si quelqu'un ne trouve pas, c'est qu'au fond, il ne voulait pas voir : la non-croyance vient toujours d'une disposition du cœur.
Schellenberg répond
Dieu ne se montre pas de façon à forcer tout le monde. Il se laisse trouver par ceux qui le cherchent de tout leur cœur, et reste caché à ceux qui le fuient. Si quelqu'un ne trouve pas, c'est qu'au fond, il ne voulait pas voir : la non-croyance vient toujours d'une disposition du cœur.
Richard Swinburne (et Michael Murray) 2004 · attaque la prémisse 2Dieu, comme un bon parent, veut que nous devenions bons par notre propre choix. Si son existence et la récompense éternelle étaient certaines, nous ferions le bien pour lui plaire et pour gagner le ciel, pas par amour des autres. Un peu d'incertitude laisse place à une bonté libre. Michael Murray (« Coercion and the Hiddenness of God », 1993) le dit autrement : une présence évidente de Dieu, avec ses promesses et ses menaces, pèserait sur nous comme une contrainte.
Schellenberg répond
Dieu, comme un bon parent, veut que nous devenions bons par notre propre choix. Si son existence et la récompense éternelle étaient certaines, nous ferions le bien pour lui plaire et pour gagner le ciel, pas par amour des autres. Un peu d'incertitude laisse place à une bonté libre. Michael Murray (« Coercion and the Hiddenness of God », 1993) le dit autrement : une présence évidente de Dieu, avec ses promesses et ses menaces, pèserait sur nous comme une contrainte.
PPaul Moser (dans Howard-Snyder et Moser, dir.) 2002 · attaque la prémisse 2Dieu n'est pas un objet qu'on observe par curiosité. Il se fait connaître pour transformer ceux qui l'accueillent, et peut se cacher de ceux qui exigent des preuves à leurs propres conditions, sans être prêts à changer de vie. Exiger qu'il se montre comme on le veut, c'est une forme d'« idolâtrie » de la connaissance. Ce recueil d'essais, dirigé avec Daniel Howard-Snyder, réunit les principales réponses à Schellenberg.
sans réponse
Dieu n'est pas un objet qu'on observe par curiosité. Il se fait connaître pour transformer ceux qui l'accueillent, et peut se cacher de ceux qui exigent des preuves à leurs propres conditions, sans être prêts à changer de vie. Exiger qu'il se montre comme on le veut, c'est une forme d'« idolâtrie » de la connaissance. Ce recueil d'essais, dirigé avec Daniel Howard-Snyder, réunit les principales réponses à Schellenberg.