La ligne du bien et du mal passe par le cœur de chaque homme : il n'y a pas de race de méchants
La ligne qui sépare le bien et le mal ; « qui acceptera de détruire un morceau de son propre cœur ? »
L'être humain porte en lui le meilleur et le pire. Il n'y a pas de race de méchants à séparer et à détruire, et le combat contre le mal commence par la ligne qui passe en chacun de nous.
La ligne entre le bien et le mal ne sépare pas des groupes d'hommes : elle passe par le cœur de chacun et se déplace.
« La ligne du bien et du mal passe par le cœur de chaque homme : il n'y a pas de race de méchants » est un argument d'Alexandre Soljenitsyne (Soljenitsyne, L'Archipel du Goulag, 1973 (partie I, chap. 4 ; partie IV, chap. 1), 1973) sur la question « L'être humain est-il bon par nature ? » (réponse : les deux à la fois). Sa thèse : L'être humain porte en lui le meilleur et le pire. Il n'y a pas de race de méchants à séparer et à détruire, et le combat contre le mal commence par la ligne qui passe en chacun de nous. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pourquoi des hommes ordinaires deviennent-ils des gardiens, des juges d'instruction, des bourreaux ? Soljenitsyne a passé huit ans dans les camps soviétiques. Il note que ce serait simple s'il y avait quelque part des gens mauvais qui commettent insidieusement des mauvaises actions, et qu'il suffisait de les séparer des autres et de les détruire. Mais la ligne qui sépare le bien et le mal passe par le cœur de chaque être humain. Elle n'est pas fixe : elle se déplace en nous avec les années. Même dans un cœur envahi par le mal, un petit bastion de bien subsiste ; même dans le meilleur, il reste un coin de mal. L'argument ne dit pas que tous se valent. Il dit que personne n'est d'un seul côté, et que chacun doit d'abord regarder la ligne qui passe en lui.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où la ligne passe en chacun, se déplace, et laisse chacun des deux côtés, et où pourtant l'être humain n'a pas de penchant au mal : le mal pourrait être un simple effet de circonstances sur un fond neutre.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Jean-Jacques Rousseau 1755 · attaque la conclusionRousseau soutient que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le déprave : les progrès qu'il a faits et les connaissances qu'il a acquises. Le mal qu'on trouve en l'homme ne vient donc pas d'un penchant de sa nature. La « ligne » de Soljenitsyne serait tracée par l'histoire, par les camps et par un régime, non par le cœur.
un défenseur répond
Rousseau soutient que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le déprave : les progrès qu'il a faits et les connaissances qu'il a acquises. Le mal qu'on trouve en l'homme ne vient donc pas d'un penchant de sa nature. La « ligne » de Soljenitsyne serait tracée par l'histoire, par les camps et par un régime, non par le cœur.
François de La Rochefoucauld 1678 · attaque la prémisse 4La Rochefoucauld soutient que nos vertus ne sont, le plus souvent, que des vices déguisés : l'amour-propre se cache derrière les plus belles actions. Si c'est vrai, le « bastion de bien » qu'on croit trouver même chez le pire n'est qu'un intérêt qui se déguise, et la ligne ne sépare pas deux penchants mais un seul sous deux masques.
un défenseur répond
La Rochefoucauld soutient que nos vertus ne sont, le plus souvent, que des vices déguisés : l'amour-propre se cache derrière les plus belles actions. Si c'est vrai, le « bastion de bien » qu'on croit trouver même chez le pire n'est qu'un intérêt qui se déguise, et la ligne ne sépare pas deux penchants mais un seul sous deux masques.
SStanley Milgram 1963 · attaque la prémisse 1Dans les expériences de Milgram, des adultes ordinaires obéissent à un expérimentateur et envoient à un inconnu des chocs qu'ils croient dangereux, parfois jusqu'au maximum. Le comportement change beaucoup selon la situation (proximité de la victime, présence d'autres, légitimité de l'autorité). Cela suggère que ce qui sépare le bon geste du mauvais tient moins à une ligne dans le cœur de chacun qu'au dispositif où il se trouve.
sans réponse
Dans les expériences de Milgram, des adultes ordinaires obéissent à un expérimentateur et envoient à un inconnu des chocs qu'ils croient dangereux, parfois jusqu'au maximum. Le comportement change beaucoup selon la situation (proximité de la victime, présence d'autres, légitimité de l'autorité). Cela suggère que ce qui sépare le bon geste du mauvais tient moins à une ligne dans le cœur de chacun qu'au dispositif où il se trouve.