QuestionsDieu existe-t-il ?Le premier moteur immobile
Dieu existe-t-il ?ThéismeCosmologique

Le premier moteur immobile

Aristote 384 av. J.-C. · 322 av. J.-C.Observer, classer, raisonner : le bonheur par la vertu.
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Ce qu'il soutient

Il existe un premier moteur qui meut sans être mû, éternel et en acte.

Pourquoi

Tout ce qui bouge est mû par autre chose, et on ne peut remonter à l'infini : il faut un premier moteur non mû.

En bref

« Le premier moteur immobile » est un argument d'Aristote (Métaphysique, Λ 6-7) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : théisme). Sa thèse : Il existe un premier moteur qui meut sans être mû, éternel et en acte. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Métaphysique, Λ 6-7
Valide avec une prémisse implicite

Le mouvement des astres ne s'arrête jamais. Qu'est-ce qui l'entretient ? Aristote conclut qu'il existe une réalité éternelle qui meut sans être mue.

P1Le mouvement est éternel : il ne peut ni commencer ni finir, car il a toujours existé.
P2Ce qui est mû est mû par autre chose.
P3 · prémisse impliciteOn ne peut pas remonter à l'infini de moteur mû en moteur mû : il faut un premier terme.
P4Un mouvement éternel, où chaque moteur est mû par un autre, sans régression infinie, exige un premier moteur qui n'est pas mû : une substance éternelle et en acte.
Donc il existe un premier moteur qui meut sans être mû, éternel et en acte.

clique sur une prémisse pour la rejeter

Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où chaque moteur est mû par un autre, à l'infini, sans premier moteur.
Avec P3, la conclusion suit (P4 n'est que la règle qui relie le tout). Sans elle, une chaîne infinie de moteurs mus suffirait à expliquer un mouvement éternel. Aristote défend ce point dans la Physique, mais c'est la prémisse la plus discutée.
Analogie. Une rangée de dominos tombe sans fin. Si chaque domino est poussé par le précédent, qu'est-ce qui pousse le tout ? Aristote répond : quelque chose hors de la rangée, qui attire sans être poussé, comme on est attiré par ce qu'on aime.

Objections

2

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

Hume 1779 · attaque la prémisse 3

Si chaque élément d'une chaîne infinie est expliqué par le précédent, demander une cause à la chaîne entière est un ajout arbitraire de l'esprit.

un défenseur répond
résumé : son texte n'est pas encore dans notre corpus
Pas de réponse possible : objection formulée en 1779, après sa mort (-322).
Thomas d'Aquin défenseur de l'argument · 1268
Résumé : dans la première voie (Somme de théologie, I, q. 2, art. 3), Thomas reprend l'argument d'Aristote pour une série de moteurs où chaque moteur ne meut que parce qu'il est mû par le premier, comme le bâton ne meut que parce que la main le meut. Sans moteur premier, aucun moteur intermédiaire ne meut, quelle que soit la longueur de la chaîne. (Thomas admet en revanche qu'une suite de causes dans le temps, comme des pères et des fils, pourrait être infinie : Somme de théologie, I, q. 46, art. 2.)
Où en est le débat (notre résumé)Hume demande pourquoi une chaîne infinie aurait besoin d'une cause en plus de ses éléments. Thomas répond que, dans une chaîne où chaque élément agit seulement en vertu du précédent, la longueur ne change rien. Le désaccord de fond est de savoir si ce type de dépendance décrit bien le monde réel (voir aussi le débat sur le tout et les parties chez Leibniz et Russell).
La physique moderne (Newton) 1687 · attaque la prémisse 2

Selon le principe d'inertie, un corps en mouvement continue sans moteur : le mouvement n'a pas besoin d'être entretenu, seul son changement réclame une cause.

un défenseur répond
résumé : son texte n'est pas encore dans notre corpus
Pas de réponse possible : objection formulée en 1687, après sa mort (-322).
E
Edward Feser défenseur de l'argument · 2012
Résumé : Feser, défenseur contemporain de la preuve aristotélicienne, soutient qu'il n'y a pas de contradiction entre les deux principes. Le principe d'inertie dit qu'un corps continue son mouvement uniforme, mais ne dit pas pourquoi. Et « mouvement » désigne chez Aristote et Thomas tout passage de la puissance à l'acte, pas seulement le déplacement : même si le mouvement uniforme ne demandait pas de moteur, l'argument pourrait partir d'autres changements (l'accélération, par exemple).
Où en est le débat (notre résumé)Le principe d'inertie dissout le besoin d'un moteur pour entretenir un mouvement dans l'espace ; les défenseurs d'Aristote répondent que l'argument porte sur tout passage de la puissance à l'acte. Le désaccord de fond est de savoir si cette notion aristotélicienne de changement garde un sens utile en physique moderne.