La troisième voie : le contingent et le nécessaire
Il existe un être nécessaire par lui-même, que tous appellent Dieu.
Si tout pouvait ne pas exister, il y aurait eu un moment où rien n'existait, et alors rien n'existerait aujourd'hui.
« La troisième voie : le contingent et le nécessaire » est un argument de Thomas d'Aquin (Somme théologique, I, q.2, a.3) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : théisme). Sa thèse : Il existe un être nécessaire par lui-même, que tous appellent Dieu. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P7). AskPhilosophy présente 5 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
La première des cinq voies (le mouvement) reprend le premier moteur d'Aristote, et la deuxième (les causes) lui ressemble beaucoup. La troisième, inspirée d'Avicenne et de Maïmonide, part d'un fait simple : les choses naissent et meurent. Si tout pouvait cesser d'exister, comment se fait-il qu'il existe encore quelque chose ? (Leibniz, lui, partira d'un principe général : rien n'existe sans raison.)
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Sans la prémisse implicite : Sans P7, l'ordinateur trouve un cas où toutes les autres prémisses sont vraies et où il existe bien un être nécessaire par lui-même, mais qui n'est pas Dieu : par exemple la matière, ou l'univers lui-même, comme le suggère Hume.
Objections
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OObjection anticipée par Thomas (q.2, a.3, objection 2) attaque la prémisse 5Pas besoin de Dieu : tout ce qu'on observe s'explique par d'autres principes. Ce qui est naturel s'explique par la nature, ce qui est voulu s'explique par la raison et la volonté humaines.
Thomas d'Aquin répond
Pas besoin de Dieu : tout ce qu'on observe s'explique par d'autres principes. Ce qui est naturel s'explique par la nature, ce qui est voulu s'explique par la raison et la volonté humaines.
LLogiciens modernes (notamment Anthony Kenny) 1969 · attaque la prémisse 2C'est une erreur de logique : que chaque chose puisse disparaître n'implique pas qu'il ait existé un moment où toutes avaient disparu en même temps. Chaque ampoule d'un lustre peut griller, mais on peut les remplacer une à une sans que la pièce soit jamais dans le noir.
sans réponse
C'est une erreur de logique : que chaque chose puisse disparaître n'implique pas qu'il ait existé un moment où toutes avaient disparu en même temps. Chaque ampoule d'un lustre peut griller, mais on peut les remplacer une à une sans que la pièce soit jamais dans le noir.
Hume (Cléanthe, dans les Dialogues) 1779 · attaque la prémisse 6Dans une chaîne sans fin, chaque élément est expliqué par celui qui le précède. Demander en plus une cause pour « le tout », c'est inventer un objet : réunir des parties en un tout n'est qu'un acte de l'esprit. Russell reprendra l'idée en 1948 : chaque humain a une mère, cela ne veut pas dire que l'humanité a une mère.
Thomas d'Aquin répond
Dans une chaîne sans fin, chaque élément est expliqué par celui qui le précède. Demander en plus une cause pour « le tout », c'est inventer un objet : réunir des parties en un tout n'est qu'un acte de l'esprit. Russell reprendra l'idée en 1948 : chaque humain a une mère, cela ne veut pas dire que l'humanité a une mère.
Hume (Cléanthe, dans les Dialogues) 1779 · attaque la prémisse 7Même si l'on accorde un être nécessaire, pourquoi ne serait-ce pas l'univers matériel lui-même ? Nous ne connaissons pas toutes les propriétés de la matière.
sans réponse
Même si l'on accorde un être nécessaire, pourquoi ne serait-ce pas l'univers matériel lui-même ? Nous ne connaissons pas toutes les propriétés de la matière.
Kant 1781 · attaque la prémisse 7Pour passer de « un être nécessaire existe » à « c'est Dieu, l'être parfait », il faut admettre que tout être nécessaire est l'être souverainement parfait. Or c'est exactement l'idée de la preuve ontologique (déduire l'existence d'une définition), que l'argument prétendait éviter. La preuve cosmologique n'est qu'une preuve ontologique déguisée.
un défenseur répond
Pour passer de « un être nécessaire existe » à « c'est Dieu, l'être parfait », il faut admettre que tout être nécessaire est l'être souverainement parfait. Or c'est exactement l'idée de la preuve ontologique (déduire l'existence d'une définition), que l'argument prétendait éviter. La preuve cosmologique n'est qu'une preuve ontologique déguisée.