Le monde a un architecte (Balbus contre Cotta)
Le monde est gouverné par une intelligence divine, « comme par un architecte ». Pour Balbus, cette intelligence n'est pas hors du monde : c'est la nature du monde elle-même.
Un ordre réglé vient toujours d'une raison, et le hasard ne peut pas le produire : or l'ordre du ciel dépasse celui de nos œuvres.
« Le monde a un architecte (Balbus contre Cotta) » est un argument de Cicéron (De la nature des dieux, II, 15 ; II, 87-93 ; III, 24) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : panthéisme). Sa thèse : Le monde est gouverné par une intelligence divine, « comme par un architecte ». Pour Balbus, cette intelligence n'est pas hors du monde : c'est la nature du monde elle-même. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
L'un des plus anciens grands dialogues sur l'argument du dessein. Le stoïcien Balbus dit : en voyant le ciel, l'ordre de ses mouvements, on comprend qu'une intelligence le gouverne. Dans le même livre, l'académicien Cotta lui répond. Cicéron, qui écoute, conclut seulement que Balbus lui paraît plus proche de la vraisemblance. Classement : panthéisme. Le dieu de Balbus n'est pas un créateur extérieur au monde : pour les stoïciens, le monde lui-même est un dieu sage (II, 36 et 39), et la « nature » qui le gouverne est ce dieu. Mais ce dieu pense et veille sur les hommes par sa providence, ce qui le rapproche du théisme.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde plus ordonné qu'une horloge, où le hasard ne suffit pas, mais dont l'ordre vient d'une nature sans intelligence. La conclusion ne suit plus.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
CCotta (dans le dialogue, livre III) attaque la prémisse 4Tout ce qui a des mouvements réguliers ne vient pas d'un dieu. Les marées de l'Euripe ou de l'océan reviennent à heure fixe, les fièvres tierces et quartes aussi : faut-il les dire divines ? Il faut chercher la cause naturelle de ces choses ; quand vous ne la trouvez pas, vous vous réfugiez auprès d'un dieu comme auprès d'un autel.
Cicéron répond
Tout ce qui a des mouvements réguliers ne vient pas d'un dieu. Les marées de l'Euripe ou de l'océan reviennent à heure fixe, les fièvres tierces et quartes aussi : faut-il les dire divines ? Il faut chercher la cause naturelle de ces choses ; quand vous ne la trouvez pas, vous vous réfugiez auprès d'un dieu comme auprès d'un autel.
Hume (Philon, dans les Dialogues sur la religion naturelle) 1779 · attaque la prémisse 3Balbus imagine un seul lancer de lettres. Mais si la matière est faite d'un nombre fini de particules et que le temps est infini, toutes les combinaisons possibles finissent par se produire, y compris un monde ordonné et stable. Le hasard n'a besoin que de temps.
un défenseur répond
Balbus imagine un seul lancer de lettres. Mais si la matière est faite d'un nombre fini de particules et que le temps est infini, toutes les combinaisons possibles finissent par se produire, y compris un monde ordonné et stable. Le hasard n'a besoin que de temps.
Darwin (L'Origine des espèces) 1859 · attaque la prémisse 4Il existe bien une troisième source d'ordre, ni hasard pur ni intelligence : la sélection naturelle. Les variations apparaissent au hasard, mais seules celles qui aident à survivre se transmettent, génération après génération. Cela produit des organes qui semblent conçus, sans architecte.
un défenseur répond
Il existe bien une troisième source d'ordre, ni hasard pur ni intelligence : la sélection naturelle. Les variations apparaissent au hasard, mais seules celles qui aident à survivre se transmettent, génération après génération. Cela produit des organes qui semblent conçus, sans architecte.