Les planètes tournent toutes dans le même sens : ce système a un Seigneur
L'argument du dessein de Newton (Scholie générale)
Ce très beau système du Soleil, des planètes et des comètes n'a pu naître que du dessein et de la souveraineté d'un Être intelligent et puissant. Si les étoiles fixes sont les centres de systèmes semblables, tous sont soumis au même Seigneur.
La gravité garde les planètes en orbite mais n'explique pas leur disposition, très régulière alors que les comètes vont partout.
« Les planètes tournent toutes dans le même sens : ce système a un Seigneur » est un argument d'Isaac Newton (Principia, 2e éd. (1713), Scholie générale ; lettres à Bentley (1692-1693), 1692) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : théisme). Sa thèse : Ce très beau système du Soleil, des planètes et des comètes n'a pu naître que du dessein et de la souveraineté d'un Être intelligent et puissant. Si les étoiles fixes sont les centres de systèmes semblables, tous sont soumis au même Seigneur. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Newton vient de prouver que la gravité explique pourquoi les planètes tournent autour du Soleil. Il pourrait s'arrêter là. Dans la Scholie générale qui clôt les Principia, il pose une question de plus : et la disposition des orbites ? Les six planètes connues tournent dans le même sens, presque dans le même plan. Les comètes, elles, arrivent de toutes les directions. Si c'était l'effet de la seule mécanique, pourquoi les unes sont-elles si ordonnées et les autres si libres ? Pour Newton, une telle régularité vient d'un choix, et ce choix a un auteur.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, on pourrait accepter P1 à P3 et dire : il existe peut-être une cause naturelle que nous ne connaissons pas encore, par exemple un état primitif du Soleil qui a tout mis en mouvement. Ce serait une cause, mais pas un dessein.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Gottfried Wilhelm Leibniz 1715 · attaque la conclusionLeibniz s'en prend à la théologie qui accompagne la physique de Newton et de ses disciples : un Dieu qui doit remonter sa montre de temps en temps, ou réparer son œuvre, serait un mauvais horloger. Un Dieu parfait a prévu dès le début un monde qui marche sans retouches.
un défenseur répond
Leibniz s'en prend à la théologie qui accompagne la physique de Newton et de ses disciples : un Dieu qui doit remonter sa montre de temps en temps, ou réparer son œuvre, serait un mauvais horloger. Un Dieu parfait a prévu dès le début un monde qui marche sans retouches.
Pierre-Simon de Laplace 1814 · attaque la prémisse 3Laplace applique le calcul des probabilités à la régularité que Newton avait relevée, et en tire une autre conclusion. Que les 43 mouvements du système solaire aillent dans le même sens, ce n'est pas le hasard : plus de quatre mille milliards de chances contre une. Donc il y a bien une cause commune. Mais cette cause est physique : le Soleil était autrefois entouré d'une vaste atmosphère qui a donné leur mouvement aux planètes. Une cause mécanique suffit donc.
un défenseur répond
Laplace applique le calcul des probabilités à la régularité que Newton avait relevée, et en tire une autre conclusion. Que les 43 mouvements du système solaire aillent dans le même sens, ce n'est pas le hasard : plus de quatre mille milliards de chances contre une. Donc il y a bien une cause commune. Mais cette cause est physique : le Soleil était autrefois entouré d'une vaste atmosphère qui a donné leur mouvement aux planètes. Une cause mécanique suffit donc.
David Hume (Philon, dans les Dialogues) 1779 · attaque la conclusionMême si l'on accorde un ordre qui demande une cause intelligente, que sait-on de cette cause ? Philon rappelle qu'un ouvrage admirable peut venir d'un ouvrier médiocre qui a imité d'autres ouvriers et s'est trompé souvent : de nombreux mondes ont pu être ratés avant celui-ci. À partir d'un seul monde, on ne peut pas dire où est la vérité, ni même la probabilité.
sans réponse
Même si l'on accorde un ordre qui demande une cause intelligente, que sait-on de cette cause ? Philon rappelle qu'un ouvrage admirable peut venir d'un ouvrier médiocre qui a imité d'autres ouvriers et s'est trompé souvent : de nombreux mondes ont pu être ratés avant celui-ci. À partir d'un seul monde, on ne peut pas dire où est la vérité, ni même la probabilité.
Emmanuel Kant 1781 · attaque la conclusionKant reconnaît que raisonner par analogie avec les œuvres de l'art humain est la voie la plus sûre. Mais cette preuve montre tout au plus un architecte du monde, limité par la matière qu'il travaille, et non un créateur à qui tout est soumis. Elle ne prouve donc pas le Seigneur tout-puissant de Newton.
sans réponse
Kant reconnaît que raisonner par analogie avec les œuvres de l'art humain est la voie la plus sûre. Mais cette preuve montre tout au plus un architecte du monde, limité par la matière qu'il travaille, et non un créateur à qui tout est soumis. Elle ne prouve donc pas le Seigneur tout-puissant de Newton.