Je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse
L'hypothèse Dieu, inutile en astronomie ; la réponse de Laplace à Napoléon
En astronomie, l'hypothèse d'un dessein divin n'est pas nécessaire. Là où l'on ne sait pas encore, il est plus sage d'avouer son ignorance que de la combler par des causes imaginées.
Le système solaire est stable par ses seules lois et son arrangement peut en découler : mieux vaut avouer l'ignorance que poser Dieu.
« Je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse » est un argument de Pierre-Simon de Laplace (Exposition du système du monde, livre V, ch. VI et note VII (éd. de 1835), 1835) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : agnosticisme). Sa thèse : En astronomie, l'hypothèse d'un dessein divin n'est pas nécessaire. Là où l'on ne sait pas encore, il est plus sage d'avouer son ignorance que de la combler par des causes imaginées. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Newton pensait que Dieu avait dû ranger le système solaire : toutes les planètes tournent dans le même sens et presque dans le même plan, sur des orbites presque circulaires, et il voyait là un arrangement que des causes mécaniques ne pouvaient pas produire. Il pensait aussi qu'avec le temps, les planètes se dérangeraient et que Dieu devrait les remettre en ordre. Laplace, un siècle plus tard, calcule le contraire : l'arrangement des planètes est précisément celui qui assure la stabilité. Puis il propose que cet arrangement soit lui-même l'effet des lois du mouvement, par la condensation d'une nébuleuse. Il ne conclut pas que Dieu n'existe pas. Il conclut que l'astronomie n'a pas besoin de lui pour expliquer le ciel. Une réplique prêtée à Laplace face à Napoléon a rendu cette idée célèbre.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où l'arrangement peut être l'effet de lois, où l'histoire montre des lacunes comblées, et où pourtant l'arrangement reste établi comme inexplicable par des causes naturelles : le passé n'oblige pas l'avenir, et une lacune peut résister.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Isaac Newton (Optique, cité par Laplace) 1704 · attaque la prémisse 2Newton écrit qu'un destin aveugle n'aurait jamais pu faire mouvoir ainsi toutes les planètes, à de petites inégalités près. Ces inégalités, qui viennent de l'action mutuelle des planètes et des comètes, deviendront probablement plus grandes avec le temps, jusqu'à ce que le système ait besoin d'être remis en ordre par son auteur. Le système aura donc besoin, à la longue, que son auteur intervienne.
un défenseur répond
Newton écrit qu'un destin aveugle n'aurait jamais pu faire mouvoir ainsi toutes les planètes, à de petites inégalités près. Ces inégalités, qui viennent de l'action mutuelle des planètes et des comètes, deviendront probablement plus grandes avec le temps, jusqu'à ce que le système ait besoin d'être remis en ordre par son auteur. Le système aura donc besoin, à la longue, que son auteur intervienne.
William Paley 1802 · attaque la prémisse 5Paley juge que l'on se trompe en donnant une loi comme cause d'un phénomène. Pour lui, une loi suppose un agent, car elle est seulement la manière dont un agent procède. Sans cet agent, la loi ne fait rien. Même si le système solaire découle de lois comme celles de la nébuleuse, la question reste : qui a fait ces lois et ces conditions de départ ? L'explication par les lois ne supprime pas le concepteur, elle le place plus loin.
sans réponse
Paley juge que l'on se trompe en donnant une loi comme cause d'un phénomène. Pour lui, une loi suppose un agent, car elle est seulement la manière dont un agent procède. Sans cet agent, la loi ne fait rien. Même si le système solaire découle de lois comme celles de la nébuleuse, la question reste : qui a fait ces lois et ces conditions de départ ? L'explication par les lois ne supprime pas le concepteur, elle le place plus loin.