Le pire des mondes possibles
Le monde n'est pas l'œuvre d'un Dieu sage et bon.
La souffrance est réelle et nul bonheur ne l'efface ; un monde qui en contient sans compensation aurait mieux fait de ne pas exister.
« Le pire des mondes possibles » est un argument d'Arthur Schopenhauer (Le Monde, II, chap. 46 ; Parerga II, § 149) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : athéisme). Sa thèse : Le monde n'est pas l'œuvre d'un Dieu sage et bon. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
La réponse de Schopenhauer à Leibniz. Pour le provoquer, il « prouve » que notre monde est le pire possible : un peu plus mauvais, il ne pourrait plus exister. Mais son vrai argument est ailleurs, et il est différent du problème du mal de Hume. Il ne dit pas seulement que Dieu aurait dû empêcher le mal. Il dit qu'aucun bonheur, même immense, ne peut racheter une seule souffrance. Un créateur sage et bon n'aurait donc jamais lancé une affaire pareille : le monde vient d'une volonté aveugle.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où toutes les autres prémisses sont vraies et où il ne vaudrait pourtant pas mieux qu'il n'existe pas : par exemple si la liberté, la beauté ou l'ordre du monde ont une valeur qui ne se compte pas en plaisir et en douleur. Un créateur bon pourrait alors l'avoir voulu.
Objections
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Augustin (le mal n'est qu'un manque de bien) 421 · attaque la prémisse 2Le mal n'est pas une chose positive : c'est une privation de bien, comme la maladie est un manque de santé. Tout ce qui existe est bon en tant qu'il existe. Dieu n'a donc pas créé le mal, et il ne le laisserait pas exister dans son œuvre s'il n'était assez puissant et bon pour tirer le bien du mal lui-même.
Schopenhauer répond
Le mal n'est pas une chose positive : c'est une privation de bien, comme la maladie est un manque de santé. Tout ce qui existe est bon en tant qu'il existe. Dieu n'a donc pas créé le mal, et il ne le laisserait pas exister dans son œuvre s'il n'était assez puissant et bon pour tirer le bien du mal lui-même.
Leibniz (le plus grand bien) 1710 · attaque la prémisse 3Le meilleur choix n'est pas toujours celui qui évite le mal : un mal peut être lié à un plus grand bien. Un général préfère une grande victoire avec une légère blessure à un état sans blessure et sans victoire. Le monde se juge en entier, pas souffrance par souffrance.
Schopenhauer répond
Le meilleur choix n'est pas toujours celui qui évite le mal : un mal peut être lié à un plus grand bien. Un général préfère une grande victoire avec une légère blessure à un état sans blessure et sans victoire. Le monde se juge en entier, pas souffrance par souffrance.
Objection anticipée par Schopenhauer (l'optimiste) attaque la prémisse 4Ouvre les yeux : le monde est beau, avec ses montagnes, ses vallées, ses fleuves, ses plantes et ses animaux. Et il est sagement ordonné : les planètes ne se heurtent pas, la terre et la mer restent séparées.
Schopenhauer répond
Ouvre les yeux : le monde est beau, avec ses montagnes, ses vallées, ses fleuves, ses plantes et ses animaux. Et il est sagement ordonné : les planètes ne se heurtent pas, la terre et la mer restent séparées.
Nietzsche 1886 · attaque la prémisse 4Mesurer la valeur des choses au plaisir et à la douleur, c'est rester à la surface. Hédonisme, utilitarisme ou pessimisme : ce sont des façons de penser « de premier plan », naïves. Ce qui compte n'est pas de souffrir moins, mais ce que la souffrance permet de créer. Nietzsche a commencé en disciple de Schopenhauer avant de rompre avec lui.
sans réponse
Mesurer la valeur des choses au plaisir et à la douleur, c'est rester à la surface. Hédonisme, utilitarisme ou pessimisme : ce sont des façons de penser « de premier plan », naïves. Ce qui compte n'est pas de souffrir moins, mais ce que la souffrance permet de créer. Nietzsche a commencé en disciple de Schopenhauer avant de rompre avec lui.