Une peine éternelle pour des fautes d'une vie : le problème de l'enfer
Le problème de l'enfer
Le Dieu de la doctrine traditionnelle, à la fois parfaitement juste et auteur d'un enfer éternel, n'existe pas.
Des fautes limitées pendant une vie finie ne méritent aucune souffrance éternelle, donc un Dieu juste ne peut pas l'infliger.
« Une peine éternelle pour des fautes d'une vie : le problème de l'enfer » est un argument de Marilyn McCord Adams (« Hell and the God of Justice », 1975, 1975) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : athéisme). Sa thèse : Le Dieu de la doctrine traditionnelle, à la fois parfaitement juste et auteur d'un enfer éternel, n'existe pas. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 4 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Selon la doctrine chrétienne la plus répandue dans l'histoire, Dieu condamnera certains pécheurs à un enfer de souffrance totale et sans fin, en punition de ce qu'ils ont fait pendant leur vie. Les grands théologiens, comme Anselme et Thomas d'Aquin, disaient que la justice parfaite de Dieu l'exige. La philosophe américaine Marilyn McCord Adams attaque la doctrine là où elle se croit la plus forte : la justice. Une vie humaine est courte, le mal qu'on peut y faire est limité : quelle faute pourrait mériter une souffrance infinie ? Précision honnête : Adams elle-même était croyante (elle est devenue prêtre de l'Église épiscopalienne) et en concluait que l'enfer éternel n'existe pas, pas que Dieu n'existe pas. Les athées, comme Russell avant elle, en tirent un argument contre le Dieu de la doctrine traditionnelle.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un monde où Dieu existe, est parfaitement juste, où nos fautes sont finies, et où personne n'est puni éternellement : par exemple si tous finissent par être sauvés.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Anselme de Cantorbéry (repris par Thomas d'Aquin) 1098 · attaque la prémisse 3La gravité d'une faute ne dépend pas seulement de l'acte, mais de la grandeur de celui qu'on offense. Tuer un prince est plus grave que tuer un simple citoyen. Or Dieu est infiniment grand : le moindre péché contre lui est une offense infinie, qui mérite une peine infinie. Dans le Cur Deus homo, le disciple d'Anselme avoue qu'il ne devrait pas aller contre la volonté de Dieu, même pour sauver toute la création.
Adams répond
La gravité d'une faute ne dépend pas seulement de l'acte, mais de la grandeur de celui qu'on offense. Tuer un prince est plus grave que tuer un simple citoyen. Or Dieu est infiniment grand : le moindre péché contre lui est une offense infinie, qui mérite une peine infinie. Dans le Cur Deus homo, le disciple d'Anselme avoue qu'il ne devrait pas aller contre la volonté de Dieu, même pour sauver toute la création.
C. S. Lewis (l'enfer « fermé de l'intérieur ») 1940 · attaque la prémisse 5L'enfer n'est pas une punition que Dieu inflige de l'extérieur, c'est un choix. En créant des êtres libres, Dieu accepte d'avance d'être peut-être refusé. Les damnés sont, en un sens, des rebelles jusqu'au bout : les portes de l'enfer sont fermées de l'intérieur. Dieu ne force personne : il respecte ceux qui ne veulent pas de lui. Lewis répond aussi qu'une faute « passagère » ne paraît disproportionnée que si l'on pense l'éternité comme un temps qui s'allonge sans fin.
Adams répond
L'enfer n'est pas une punition que Dieu inflige de l'extérieur, c'est un choix. En créant des êtres libres, Dieu accepte d'avance d'être peut-être refusé. Les damnés sont, en un sens, des rebelles jusqu'au bout : les portes de l'enfer sont fermées de l'intérieur. Dieu ne force personne : il respecte ceux qui ne veulent pas de lui. Lewis répond aussi qu'une faute « passagère » ne paraît disproportionnée que si l'on pense l'éternité comme un temps qui s'allonge sans fin.
Voir la suite du débat (1)
LL'annihilationnisme (ou « immortalité conditionnelle ») attaque la prémisse 5Les méchants ne souffriront pas éternellement : après le jugement, ils cesseront simplement d'exister. Il n'y a donc pas de souffrance infinie, et l'objection de la disproportion tombe. Plusieurs théologiens défendent cette lecture des textes bibliques, qui parlent aussi de « destruction ».
Adams répond
Les méchants ne souffriront pas éternellement : après le jugement, ils cesseront simplement d'exister. Il n'y a donc pas de souffrance infinie, et l'objection de la disproportion tombe. Plusieurs théologiens défendent cette lecture des textes bibliques, qui parlent aussi de « destruction ».
TThomas Talbott (l'universalisme chrétien) 1999 · attaque la prémisse 5L'argument ne touche pas Dieu, seulement une mauvaise doctrine. Selon l'universalisme chrétien, l'amour de Dieu s'étend à toutes les personnes, et sa volonté de sauver chacune ne peut pas être tenue en échec pour toujours. À la fin, tous seront réconciliés avec Dieu. Talbott le défend notamment dans The Inescapable Love of God (1999).
Adams répond
L'argument ne touche pas Dieu, seulement une mauvaise doctrine. Selon l'universalisme chrétien, l'amour de Dieu s'étend à toutes les personnes, et sa volonté de sauver chacune ne peut pas être tenue en échec pour toujours. À la fin, tous seront réconciliés avec Dieu. Talbott le défend notamment dans The Inescapable Love of God (1999).