Le meilleur des mondes possibles
Notre monde est le meilleur possible, et il contient du mal : le mal n'est pas la preuve que Dieu aurait pu faire mieux.
Un Dieu parfaitement sage et bon voit tous les mondes possibles et ne peut que choisir le meilleur.
« Le meilleur des mondes possibles » est un argument de Gottfried Wilhelm Leibniz (Théodicée, 7-10, 21 ; Abrégé, objection 1) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : théisme). Sa thèse : Notre monde est le meilleur possible, et il contient du mal : le mal n'est pas la preuve que Dieu aurait pu faire mieux. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 5 objections, dont 5 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
La réponse la plus célèbre au problème du mal. Si Dieu est parfait, il a choisi le meilleur monde possible. Donc le mal que nous voyons ne prouve pas que Dieu aurait pu mieux faire : même le meilleur des mondes en contient.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve une situation où Dieu est parfait mais où il n'y a pas de monde meilleur que tous les autres (par exemple une échelle sans fin). Rien ne garantit alors que notre monde soit le meilleur.
Objections
5Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Objection anticipée par Leibniz (Bayle) attaque la conclusionUn monde sans aucun mal était possible, et Dieu pouvait même ne rien créer. Celui qui fait un ouvrage où il y a du mal, alors qu'il pouvait l'éviter, ne choisit pas le meilleur.
Leibniz répond
Un monde sans aucun mal était possible, et Dieu pouvait même ne rien créer. Celui qui fait un ouvrage où il y a du mal, alors qu'il pouvait l'éviter, ne choisit pas le meilleur.
Objection anticipée par Leibniz attaque la prémisse 3Il n'y a pas de meilleur monde possible, comme il n'y a pas de plus grand nombre : on peut toujours imaginer une créature plus parfaite, donc un monde meilleur.
Leibniz répond
Il n'y a pas de meilleur monde possible, comme il n'y a pas de plus grand nombre : on peut toujours imaginer une créature plus parfaite, donc un monde meilleur.
Hume (Philon, dans les Dialogues) 1779 · attaque la prémisse 1Je veux bien accorder que le mal est compatible avec un Dieu parfait. Mais en partant du monde tel qu'il est, mélangé de biens et de maux, on ne peut jamais conclure à un Dieu parfaitement bon. Ce n'est pas la compatibilité que l'on rejette, c'est la conclusion.
un défenseur répond
Je veux bien accorder que le mal est compatible avec un Dieu parfait. Mais en partant du monde tel qu'il est, mélangé de biens et de maux, on ne peut jamais conclure à un Dieu parfaitement bon. Ce n'est pas la compatibilité que l'on rejette, c'est la conclusion.
Voltaire (séisme de Lisbonne, Candide) 1759 · attaque la conclusionLe tremblement de terre de Lisbonne (1755) fait des dizaines de milliers de morts. Dire aux victimes que tout cela sert le meilleur des mondes n'explique rien et rend insensible. Dans Candide, le philosophe Pangloss répète que « tout est au mieux » au milieu des catastrophes.
un défenseur répond
Le tremblement de terre de Lisbonne (1755) fait des dizaines de milliers de morts. Dire aux victimes que tout cela sert le meilleur des mondes n'explique rien et rend insensible. Dans Candide, le philosophe Pangloss répète que « tout est au mieux » au milieu des catastrophes.
Dostoïevski (Ivan Karamazov) 1880 · attaque la prémisse 2Même si la souffrance d'un enfant innocent servait l'harmonie du tout, un être bon ne devrait pas accepter ce prix. Un choix qui fait payer les uns pour le meilleur de l'ensemble n'est pas le choix le plus bon (Les Frères Karamazov).
Leibniz répond
Même si la souffrance d'un enfant innocent servait l'harmonie du tout, un être bon ne devrait pas accepter ce prix. Un choix qui fait payer les uns pour le meilleur de l'ensemble n'est pas le choix le plus bon (Les Frères Karamazov).