Pourquoi les bons souffrent-ils ? Le feu éprouve l'or
Les malheurs des gens de bien ne prouvent pas l'absence de Providence : ce sont des épreuves voulues pour leur bien (et pour l'exemple qu'ils donnent aux autres).
Les épreuves ne sont pas de vrais maux : comme un père exigeant, Dieu les envoie aux gens de bien pour les fortifier.
« Pourquoi les bons souffrent-ils ? Le feu éprouve l'or » est un argument de Sénèque (De la Providence, 2 ; 5 ; 6) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : panthéisme). Sa thèse : Les malheurs des gens de bien ne prouvent pas l'absence de Providence : ce sont des épreuves voulues pour leur bien (et pour l'exemple qu'ils donnent aux autres). Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Son ami Lucilius lui pose la question : si une Providence gouverne le monde, pourquoi tant de malheurs arrivent-ils aux gens de bien ? Sénèque prend « la défense des dieux ». Sa réponse : les malheurs ne sont pas de vrais maux pour l'homme de bien, et Dieu les lui envoie comme un père exigeant entraîne son enfant. Attention : le dieu de Sénèque est celui des stoïciens, une raison présente dans tout l'univers et liée au destin. Pour lui, « ce grand tout est un, et il est dieu » : nous le rangeons donc dans le panthéisme, comme le Balbus de Cicéron, même si sa Providence « paternelle » le rapproche du théisme.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un Dieu qui aime les gens de bien et veut les rendre meilleurs, face à des épreuves utiles et sans vrai mal, mais qui ne les veut pas : il aurait pu les fortifier autrement. Les malheurs ne sont alors plus « voulus pour leur bien ».
Objections
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Objection anticipée par Sénèque attaque la prémisse 3Il est injuste que les gens de bien soient blessés, mutilés, enchaînés, pendant que les méchants vivent en bonne santé, libres et dans le luxe. Un père qui aime ses enfants ne les traiterait pas plus mal que les autres.
Sénèque répond
Il est injuste que les gens de bien soient blessés, mutilés, enchaînés, pendant que les méchants vivent en bonne santé, libres et dans le luxe. Un père qui aime ses enfants ne les traiterait pas plus mal que les autres.
Hume (Philon, dans les Dialogues sur la religion naturelle) 1779 · attaque la prémisse 2Regardez la nature : les êtres vivants se détruisent les uns les autres, et aucun ne suffit à son propre bonheur. Le spectacle est celui d'une nature aveugle qui produit, « sans discernement ni soin paternel », des enfants mutilés et avortés. La souffrance frappe au hasard, bons et méchants, hommes et bêtes : elle ne ressemble pas à l'éducation d'un père.
Sénèque répond
Regardez la nature : les êtres vivants se détruisent les uns les autres, et aucun ne suffit à son propre bonheur. Le spectacle est celui d'une nature aveugle qui produit, « sans discernement ni soin paternel », des enfants mutilés et avortés. La souffrance frappe au hasard, bons et méchants, hommes et bêtes : elle ne ressemble pas à l'éducation d'un père.