La liberté a un prix : le mal ne contredit pas Dieu
La défense par le libre arbitre
L'existence du mal ne contredit pas celle d'un Dieu tout-puissant, qui sait tout et parfaitement bon : le problème logique du mal échoue.
Un monde de créatures libres vaut plus qu'un monde d'automates, et Dieu ne peut pas forcer des êtres libres à ne faire que le bien.
« La liberté a un prix : le mal ne contredit pas Dieu » est un argument d'Alvin Plantinga (« The Free Will Defence », 1965 ; God, Freedom, and Evil, 1974, 1965) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : théisme). Sa thèse : L'existence du mal ne contredit pas celle d'un Dieu tout-puissant, qui sait tout et parfaitement bon : le problème logique du mal échoue. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1955, le philosophe australien J. L. Mackie affirme que croire en Dieu est contradictoire : un Dieu tout-puissant et parfaitement bon ne laisserait exister aucun mal. Le philosophe américain Alvin Plantinga lui répond. Il ne prétend pas savoir pourquoi Dieu permet le mal (ce serait une « théodicée ») : il veut seulement montrer qu'une raison possible existe, ce qu'il appelle une « défense ». Si un Dieu bon a pu vouloir des créatures vraiment libres, et s'il est possible que toute créature libre choisisse parfois le mal, alors Dieu et le mal ne se contredisent pas. Même des philosophes athées ont jugé cette réponse réussie, sur ce point précis.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où la liberté vaut plus que son absence, où Dieu ne peut pas forcer le bien libre, et où Dieu n'a pourtant aucune raison possible de permettre le mal : par exemple si un être bon ne devait jamais permettre aucun mal, quel que soit le bien en jeu.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
J. L. Mackie 1955 · attaque la prémisse 3Si un homme peut choisir librement le bien une fois, ou plusieurs fois, il n'y a aucune impossibilité logique à ce qu'il le choisisse librement à chaque fois. Dieu n'avait donc pas à choisir entre des automates innocents et des êtres libres qui se trompent parfois : il pouvait créer des êtres libres qui choisissent toujours le bien. S'il ne l'a pas fait, il n'est pas à la fois tout-puissant et parfaitement bon.
Plantinga répond
Si un homme peut choisir librement le bien une fois, ou plusieurs fois, il n'y a aucune impossibilité logique à ce qu'il le choisisse librement à chaque fois. Dieu n'avait donc pas à choisir entre des automates innocents et des êtres libres qui se trompent parfois : il pouvait créer des êtres libres qui choisissent toujours le bien. S'il ne l'a pas fait, il n'est pas à la fois tout-puissant et parfaitement bon.
Voir la suite du débat (1)
H. J. McCloskey, Antony Flew (le mal naturel) 1960 · attaque la conclusionMême si elle marchait, la défense par le libre arbitre n'expliquerait qu'une partie du mal : celui que font les humains. Les séismes, les maladies, la souffrance des animaux avant l'apparition de l'homme ne viennent d'aucun choix libre. Le problème reste entier pour eux.
Plantinga répond
Même si elle marchait, la défense par le libre arbitre n'expliquerait qu'une partie du mal : celui que font les humains. Les séismes, les maladies, la souffrance des animaux avant l'apparition de l'homme ne viennent d'aucun choix libre. Le problème reste entier pour eux.
Voir la suite du débat (2)
Robert M. Adams (les « contrefactuels de liberté ») 1977 · attaque la prémisse 3P3 suppose qu'il existe des vérités du type « si Dieu créait Pierre dans telle situation, Pierre choisirait librement le mal », vraies avant même que Pierre existe. Les théologiens jésuites du XVIe siècle, comme Molina, appelaient leur connaissance la « science moyenne ». Adams soutient que de telles phrases ne peuvent pas être vraies : si le choix est vraiment libre, rien ne fixe d'avance ce qu'il serait. Sans ces vérités, la « dépravation transmondaine », telle que Plantinga la formule, perd son appui.
Plantinga répond
P3 suppose qu'il existe des vérités du type « si Dieu créait Pierre dans telle situation, Pierre choisirait librement le mal », vraies avant même que Pierre existe. Les théologiens jésuites du XVIe siècle, comme Molina, appelaient leur connaissance la « science moyenne ». Adams soutient que de telles phrases ne peuvent pas être vraies : si le choix est vraiment libre, rien ne fixe d'avance ce qu'il serait. Sans ces vérités, la « dépravation transmondaine », telle que Plantinga la formule, perd son appui.
J. L. Mackie (pourquoi Dieu n'intervient-il pas ?) 1955 · attaque la prémisse 2Même en admettant la liberté, pourquoi Dieu ne laisserait-il pas les hommes libres de bien vouloir, tout en intervenant au moment où il les voit commencer à vouloir le mal ? S'il le peut et ne le fait pas, c'est qu'un mauvais choix libre vaudrait mieux qu'aucun choix, ce que les croyants refusent de dire ailleurs à propos du péché.
sans réponse
Même en admettant la liberté, pourquoi Dieu ne laisserait-il pas les hommes libres de bien vouloir, tout en intervenant au moment où il les voit commencer à vouloir le mal ? S'il le peut et ne le fait pas, c'est qu'un mauvais choix libre vaudrait mieux qu'aucun choix, ce que les croyants refusent de dire ailleurs à propos du péché.